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L'Ukraine, qui a frappé deux navires russes en Crimée annexée, a revendiqué dimanche un nouveau succès en mer Noire, après une troisième nuit de bombardements massifs du pays par la Russie qui vise la destruction d’infrastructures ukrainiennes.
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La Pologne, alliée et voisine de l'Ukraine, a pour sa part déclaré qu'un missile de croisière russe dirigé vers l'ouest de l'Ukraine avait violé son espace aérien pendant une quarantaine de secondes, troisième incident de ce type depuis le début de la guerre. Elle a annoncé qu'elle allait convoquer l'ambassadeur russe.
Après avoir coulé de nombreux bateaux russes depuis l'offensive lancé le 24 février 2022, Kiev a revendiqué un nouveau succès, une humiliation pour la Russie qui a dû renoncer au blocus des côtes encore sous contrôle ukrainien.
"Je remercie tous nos héros (...) qui débarrassent la Crimée et la mer Noire de la présence de l'occupant. C'est une tâche difficile, mais nos soldats l'accomplissent progressivement", s'est félicité le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans son adresse quotidienne.
Les forces armées ukrainiennes ont affirmé dans la matinée avoir "réussi à toucher les navires amphibies Yamal et Azov, ainsi qu'un centre de communications et d'autres infrastructures de la Flotte russe de la mer Noire".
Des images partagées sur les réseaux sociaux montrent une grande explosion dans la ville, envoyant une boule de feu et de la fumée noire dans les airs, ainsi que ce qui semblait être des défenses aériennes russes interceptant des projectiles entrants.
Les images satellite montrent que la Russie a déplacé une grande partie de sa flotte plus à l'Est, vers le port de Novorossiïsk. Moscou a également récemment remplacé son chef de la marine.
- 200.000 personnes sans courant à Kharkiv -
Kiev, la capitale ukrainienne, et la région occidentale de Lviv ont également été la cible d'une attaque aérienne "massive" tôt dimanche, ont indiqué des responsables, mais aucune victime n'a été signalée.
L'armée de l'air ukrainienne a indiqué avoir abattu 18 des 29 missiles et 25 des 28 drones explosifs lancés durant la nuit.
La Russie "n'abandonne pas son objectif de détruire Kiev à tout prix", a déclaré Serguiï Popko, chef de l'administration militaire de la ville.
Les dommages semblent bien moins importants que ceux de vendredi, lorsque la deuxième ville d'Ukraine, Kharkiv, dans le Nord-Est, à la frontière avec la Russie, s'est retrouvée privée d'électricité, d'eau et de chauffage.
Plus de 200.000 personnes restaient toujours sans courant stable dimanche soir à Kharkiv, a indiqué M. Zelensky.
Moscou dit répliquer avec ces frappes aux bombardements ukrainiens de régions frontalières, qui sont elles-mêmes des réponses aux attaques quotidiennes que la Russie inflige aux Ukrainiens.
Les forces russes ont abattu "22 cibles aériennes" se dirigeant vers la ville de Belgorod, non loin de la frontière ukrainienne, a affirmé dimanche le gouverneur de la région Viatcheslav Gladkov sur Telegram.
L'Ukraine, confrontée à l'invasion russe et des bombardements quotidiens de ses villes depuis plus de deux ans, a promis de répliquer en portant les combats sur le sol russe.
Kiev veut aussi regagner en 2024 le contrôle de son espace aérien pour que la Russie ne soit plus en mesure de la bombarder ainsi. Mais pour cela, l'Ukraine a un besoin crucial de moyens de défense antiaérienne.
- Gains territoriaux -
Face à une Ukraine sur la défensive et souffrant des retards dans l'aide occidentale supplémentaire, les forces russes cherchent à accroître leur avantage sur le champ de bataille.
L'armée russe a revendiqué ces derniers jours des avancées dans l'Est dans les secteurs de Tchassiv Iar, localité voisine de Bakhmout, et à l'ouest d'Avdiïvka, ville détruite et conquise par les Russes en février.
L'Ukraine a besoin de munitions d'artillerie et de missiles sur le front où elle peine, depuis l'échec de sa grande contre-offensive de l'été 2023, à contenir l'armée russe.
Or l'aide américaine est bloquée depuis des mois par la rivalité entre le camp démocrate du président Joe Biden, favorable à un soutien accru, et les républicains de Donald Trump. L'assistance européenne a, elle, pris du retard.
Enfin, l'Ukraine craint une escalade de la part de Moscou, les autorités russes invoquant une piste ukrainienne dans l'enquête sur l'attentat contre une salle de concert qui a fait au moins 137 morts. Vladimir Poutine n'a pas mentionné la revendication des jihadistes de l'Etat islamique.