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Le Conseil de sécurité de l'ONU tente à nouveau lundi d'adopter un texte exigeant un "cessez-le-feu immédiat" à Gaza, un appel plusieurs fois bloqué par les Etats-Unis qui ont toutefois récemment montré des signes de changement de ton face à leur allié israélien.
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Vendredi, la Russie et la Chine ont mis leur veto à un projet de résolution américaine soulignant la "nécessité" d'un "cessez-le-feu immédiat" à Gaza en lien avec les négociations pour la libération des otages capturés lors de l'attaque sanglante et sans précédent du Hamas le 7 octobre sur le sol israélien.
Les Etats-Unis s'étaient en effet jusqu'alors systématiquement opposés au terme "cessez-le-feu" dans les résolutions de l'ONU, bloquant trois textes en ce sens.
Mais le texte américain rejeté n'appelait pas explicitement à un cessez-le-feu immédiat, utilisant une formulation jugée ambiguë par les pays arabes, la Chine et la Russie, laquelle a dénoncé le "spectacle hypocrite" des Etats-Unis.
Le projet de résolution qui doit être mis au vote lundi est issu du travail des membres non-permanents du Conseil, qui ont négocié tout le week-end avec les Etats-Unis pour tenter d'éviter un nouvel échec, selon des sources diplomatiques, qui ont fait part d'un certain optimisme sur l'issue du vote.
"Nous prévoyons, sauf rebondissement de dernière minute, que la résolution sera adoptée et que les Etats-Unis ne voteront pas contre", a indiqué dimanche un diplomate à l'AFP.
- Libération inconditionnelle des otages -
La dernière version vue dimanche par l'AFP "exige un cessez-le-feu immédiat pour le mois du ramadan" --qui a déjà commencé il y a deux semaines--, devant "mener à un cessez-le-feu durable et permanent", et "exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages".
D'après Israël, environ 250 personnes ont été enlevées le 7 octobre et 130 d'entre elles sont toujours otages à Gaza, dont 33 seraient mortes.
Contrairement au texte américain rejeté vendredi, il ne lie pas ces demandes aux efforts diplomatiques du Qatar, des Etats-Unis et de l'Egypte, même s'il "reconnait" l'existence de ces pourparlers visant à obtenir une trêve accompagnée d'un échange d'otages et de prisonniers palestiniens.
Vendredi, l'ambassadrice américaine à l'ONU Linda Thomas-Greenfield avait estimé que la précédente version du texte ne soutenait pas ces efforts diplomatiques et "pire, pourrait donner une excuse au Hamas pour rejeter l'accord sur la table".
Le nouveau projet de résolution réclame d'autre part la "levée de tous les obstacles" à l'aide humanitaire, sans laquelle les 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza risquent la famine.
Depuis le 7 octobre, le Conseil de sécurité profondément divisé n'a pu adopter sur le dossier israélo-palestinien que deux résolutions, essentiellement humanitaires, sur huit soumises au vote. Sans grand résultat.
- Apocalypse -
L'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) a annoncé dimanche, par la voix de son chef Philippe Lazzarini, être désormais formellement interdite par Israël de toute livraison d'aide alimentaire dans le nord de la bande de Gaza.
Aucune raison n'a été donnée, a dit la porte-parole de M. Lazzarini, Juliette Touma, ajoutant que "cette décision est un autre clou dans le cercueil" des efforts menés pour convoyer de l'aide aux Gazaouis.
L'armée israélienne a poursuivi dimanche ses opérations terrestres et aériennes à Khan Younès où elle affirme vouloir anéantir les combattants du Hamas qu'elle considère comme une organisation terroriste, au même titre que les Etats-Unis et l'Union européenne.
"Quand on regarde Gaza, on dirait presque que les quatre cavaliers de l'Apocalypse galopent au-dessus, semant la guerre, la famine, la conquête et la mort", s'est alarmé dimanche le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, en déplacement en Egypte.
Le nouveau projet de résolution du Conseil de sécurité condamne d'autre part "tous les actes terroristes", mais sans mentionner les attaques du Hamas du 7 octobre qui ont entraîné la mort d'au moins 1.160 personnes, pour la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.
Aucune résolution adoptée par le Conseil ou l'Assemblée générale de l'ONU depuis le 7 octobre n'a condamné spécifiquement le Hamas, une absence systématiquement fustigée par Israël.
Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, est attendu lundi à Washington, sa première visite aux Etats-Unis depuis le début de la guerre.
"Je me concentrerai sur la préservation de l'avantage militaire qualitatif d'Israël, et sur les moyens de parvenir à nos objectifs communs: la victoire sur le Hamas et le retour des otages", a déclaré le ministre avant son départ.
Depuis les années 1960, les Etats-Unis maintiennent une politique du "Qualitative military edge" (QME), ou "avantage militaire qualitatif", selon laquelle Washington s'assure qu'Israël dispose du meilleur équipement militaire dans la région. A l'initiative du Congrès en 2018, cet avantage est devenu une loi américaine.