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L'allié du gouvernement populiste Peter Pellegrini a remporté samedi la présidentielle en Slovaquie, devançant largement lors du second tour le diplomate pro-européen Ivan Korcok, selon des résultats quasi-définitifs.
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M. Pellegrini, un économiste de formation, a obtenu 53,20% des voix contre 46,80% pour M. Korcok, selon les chiffres publiés par l'Office slovaque des statistiques portant sur 99,8% des suffrages.
Les analystes s'attendaient à un résultat plus serré.
"C'est une grande satisfaction", a déclaré M. Pellegrini dans un discours devant ses sympathisants.
"Je veux être un président qui défendra les intérêts nationaux de la Slovaquie, a-t-il souligné.
Il a assuré vouloir tout faire "pour que la Slovaquie reste du côté de la paix et non du côté de la guerre".
M. Pellegrini a été ministre dans les précédents gouvernements de M. Fico. Il l'a même remplacé au poste du Premier ministre après la chute de son gouvernement en 2018, à la suite du meurtre du journaliste d'investigation Jan Kuciak et de sa fiancée, abattus à leur domicile.
Le double meurtre avait déclenché une vague de protestations à travers le pays qui avait contraint M. Fico à démissionner.
Dans son dernier article, publié à titre posthume, M. Kuciak avait révélé des liens entre la mafia italienne et le gouvernement Fico.
- La "Voie Orban" ? -
En place depuis octobre, l'actuel gouvernement composé du parti Smer-SD de M. Fico, du parti Hlas-SD de M. Pellegrini et du petit parti d'extrême droite SNS, a également interrompu l'aide militaire à l'Ukraine voisine.
"Si Pellegrini gagne, la Slovaquie pourrait suivre la 'voie Orban'", a estimé l'analyste Tomas Koziaka, faisant référence au Premier ministre hongrois Viktor Orban, favorable au Kremlin.
M. Korcok a reconnu sa défaite et a félicité son adversaire.
"Je tiens à féliciter le vainqueur de l'élection, Peter Pellegrini", a déclaré à la presse et à ses sympathisants cet ancien ministre des Affaires étrangères.
Il a également exprimé son espoir que "Peter Pellegrini sera indépendant et qu'il agira selon ses propres convictions et sans ordres", faisant allusion claire à la proche relation entre le futur président et le chef du gouvernement Robert Fico.
Mais il a aussi reproché à son adversaire "une campagne non transparente".
- "Haine" -
"Il s'avère qu'il est possible de devenir président de la République slovaque en propageant la haine", a-t-il lancé, reprochant à M. Pellegrini et son camp de l'avoir présenté lors de la campagne comme un "candidat de guerre", favorable à l'engagement de la Slovaquie dans le conflit en Ukraine.
M. Pellegrini remplacera la présidente libérale Zuzana Caputova.
Bien que ses pouvoirs soient limités, le président ratifie les traités internationaux, nomme les principaux juges et est le commandant en chef des forces armées. Il peut également opposer son veto aux lois adoptées par le Parlement.
M. Pellegrini deviendra officiellement président slovaque le 15 juin.
Ce célibataire a été surnommé il y a quelque temps "l'homme politique le plus sexy de Slovaquie" par des magazines féminins.
Lors de l'annonce de sa candidature, il a déclaré qu'il vivait seul, ajoutant: "Si je suis élu président, je ne serai pas accompagné d'une première dame ou de quiconque".
Outre sa langue natale, M. Pellegrini parle le russe, l'allemand et l'anglais.
La participation au deuxième tour du scrutin s'est élévée à 61.12% samedi.