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L'Iran et Israël ont semblé samedi s'éloigner d'une escalade après une attaque de représailles attribuée à Israël, dont Téhéran a minimisé la portée, et une semaine de tensions au plus haut au Moyen-Orient depuis le début de la guerre à Gaza.
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L'armée israélienne a mené des dizaines de frappes sur le territoire palestinien assiégé, où la guerre entre Israël et le Hamas, soutenu par l'Iran, fait rage depuis le 7 octobre. L'une d'elles, selon la Défense civile, a tué neuf membres d'une même famille à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.
Des médias aux Etats-Unis, citant des responsables américains, ont affirmé qu'il s'agissait d'une opération israélienne menée en riposte à l'attaque massive et inédite lancée par l'Iran contre Israël le 13 avril.
Dans un entretien avec la chaîne américaine NBC, le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, a toutefois relativisé samedi l'attaque menée dans la région d'Ispahan.
"Ce qu'il s'est passé la nuit dernière n'était pas une attaque. Il s'agissait de deux ou trois drones quadrirotor, comme ceux avec lesquels les enfants jouent en Iran", a-t-il ironisé, ajoutant que "tant qu'il n'y aura pas de nouvelle aventure (offensive militaire, ndlr) au nom du régime israélien contre les intérêts de l'Iran, nous ne répliquerons pas".
- Une région "en feu" -
Un haut responsable auprès du Congrès américain a confirmé à l'AFP une attaque israélienne en Iran. Interrogée par l'AFP, l'armée israélienne n'a pas fait de commentaire.
Selon le Washington Post, citant un responsable israélien, l'attaque visait à montrer à l'Iran qu'Israël avait la capacité de frapper à l'intérieur de son territoire.
Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a souligné après cette attaque que "l'objectif" de son pays et des autres membres du G7, réunis en Italie, était "la désescalade".
Son homologue russe Sergueï Lavrov a fait état de contacts avec l'Iran et Israël. "Nous avons dit aux Israéliens que l'Iran ne veut pas d'escalade", a-t-il précisé.
Pour l'expert politique iranien Hamid Gholamzadeh, il s'agit d'un incident "très insignifiant", mais qui doit être placé dans le contexte de "la lutte pour l'équilibre du pouvoir" entre l'Iran et Israël, ennemis depuis la révolution iranienne de 1979.
"La région est en feu et une guerre totale peut être déclenchée à tout moment, et de telles actions la rendent plus imminente", a-t-il prévenu.
Israël avait promis de riposter après l'attaque du 13 avril, qui a suscité dans le monde entier des craintes d'un embrasement au Moyen-Orient. La quasi-totalité des quelque 350 drones et missiles lancés par l'Iran avaient été interceptés par Israël avec l'aide des Etats-Unis et de plusieurs pays alliés.
L'Iran avait alors dit avoir agi en "légitime défense" après l'attaque meurtrière, attribuée à Israël, qui a détruit son consulat à Damas le 1er avril.
- "Une nuit très dure" -
Cette dernière poussée de fièvre intervient alors que la guerre ne connaît pas de répit dans la bande de Gaza, où l'ONU redoute une famine généralisée.
A Rafah, six enfants âgés de un à 16 ans figurent parmi les neuf morts d'une même famille tués par un bombardement, a indiqué l'hôpital Al-Najjar où ils avaient été admis.
Selon le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal, l'armée a frappé samedi plusieurs autres endroits de Rafah. "Cela a été une nuit très dure", a-t-il dit.
Cette ville, où sont massés environ un million et demi de Palestiniens, selon l'ONU, vit sous la menace d'une offensive terrestre qu'Israël a promis de lancer afin de vaincre le Hamas.
Samedi, l'armée a annoncé avoir frappé des "cibles terroristes", dont une "base de lancement à Beit Hanoun", dans le nord de Gaza, après l'interception d'un missile qui a visé la ville de Sderot, dans le sud d'Israël.
La guerre a aussi provoqué une flambée des violences en Cisjordanie occupée, où l'armée israélienne a annoncé samedi avoir tué dix personnes lors d'un raid dans le camp de Nour-Shams, près de la ville de Tulkarem.
Dans ce contexte régional très tendu, une explosion nocturne sur une base militaire en Irak a fait un mort et huit blessés, selon les autorités. Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient a rapidement annoncé que les Etats-Unis n'avaient "pas mené de frappes aériennes en Irak."
- Appel à "l'unité" des Palestiniens -
La guerre à Gaza a été déclenchée par une attaque sans précédent lancée le 7 octobre contre Israël par des commandos du Hamas qui a entraîné la mort de 1.170 personnes, essentiellement des civils, selon un bilan de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.
Plus de 250 personnes ont été enlevées durant l'attaque et 129 d'entre elles sont retenues à Gaza, dont 34 sont mortes d'après des responsables israéliens.
En représailles, Israël a promis de détruire le mouvement islamiste, au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 2007, qu'il considère comme une organisation terroriste de même que les Etats-Unis et l'Union européenne. Son armée a lancé une offensive qui a fait jusqu'à présent 34.049 morts, essentiellement des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui considère le Hamas comme un mouvement de "libération", a reçu samedi son chef, Ismaïl Haniyeh. Il a appelé les Palestiniens à "l'unité" afin d'apporter "la réponse la plus forte à Israël".
Cette visite est intervenue au moment où le Qatar, qui piétine dans la négociation d'une trêve, dit vouloir "réévaluer" son rôle de médiateur dans le conflit à Gaza. La Turquie, qui a des relations avec Israël et le Hamas, pourrait en profiter pour tenter de reprendre la médiation.