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Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi dans les îles espagnoles des Canaries pour protester contre le tourisme de masse qui est en train, selon elles, de submerger l'archipel.
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Ils étaient 20.000 selon la police, 50.000 selon les organisateurs, à défiler en sifflant et scandant des slogans dans les rues des principales villes des Canaries.
Parmi les pancartes brandies, certaines clamaient "les Canaries ne sont pas à vendre", "moratoire sur le tourisme" ou encore "respectez l'endroit où je vis".
Pour la vingtaine de groupes sociaux et environnementaux qui ont appelé à la manifestation, le modèle économique actuel est nuisible à la fois pour les habitants et pour l'environnement. Ils exigent que les autorités limitent le nombre de touristes.
Les manifestants réclament notamment l'arrêt de la construction de deux nouveaux hôtels sur Tenerife, la plus grande et la plus développée des sept îles de l'archipel, et que les habitants aient leur mot à dire dans les prises de décision concernant le développement du tourisme.
- Crise du logement -
"Nous sommes fatigués de la surpopulation (...), de voir nos terres achetées par des étrangers qui ont l'argent pour acheter à nos grands-parents des terres que nous n'avons pas les moyens d'acquérir", a déclaré à l'AFP Nieves Rodrigues Rivera, une enseignante de 59 ans.
L'afflux constant de visiteurs détruit la biodiversité, et exacerbe la crise du logement en faisant grimper les loyers, explique aussi Antonio Samuel Diaz Garcia, un étudiant de 22 ans.
"Nous voyons des résidences secondaires envahir nos villages, ce qui fait monter le prix des loyers et rend de plus en plus difficile pour les jeunes comme nous le départ de la maison" familiale, a-t-il confié auprès de l'AFP.
Situées au large de l'Afrique du Nord, les Canaries attirent avec leurs paysages volcaniques et leurs plages ensoleillées. Peuplées de 2,2 millions d'habitants, elles ont reçu l'an dernier 16 millions de touristes.
Quatre habitants sur dix y travaillent dans le tourisme, qui représente 36% du PIB.
Les manifestations anti-tourisme se sont multipliées ces derniers mois dans toute l'Espagne, deuxième pays le plus visité au monde, et les autorités cherchent des moyens de mieux protéger les habitants sans trop nuire à un secteur lucratif qui représente près de 13% du PIB.
Des manifestations de soutien ont eu lieu à Madrid et Barcelone.
L'Espagne a accueilli l'an dernier 85 millions de visiteurs.