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Nouveau départ ? La majorité d'Emmanuel Macron se donne rendez-vous mardi soir à la Mutualité à Paris pour relancer sa campagne des européennes, talonnée sur sa gauche par Raphaël Glucksmann, et loin derrière un Rassemblement national au faîte des sondages, à un mois du vote.
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Après l'officialisation, fin février, de la tête de liste Valérie Hayer, présidente du groupe Renew (Renaissance) au Parlement européen, le premier "meeting national" à Lille le 17 mars, l'annonce de la liste vendredi et la présentation du programme lundi, place au grand rassemblement parisien pour la macronie, dans une double symbolique au chef de l'Etat.
Quelque 3.500 personnes, pour une capacité de 2.000 places, selon la direction de campagne, se sont inscrites pour ce meeting à la Maison de la Mutualité, où Emmanuel Macron avait fait un pas déterminant vers son destin présidentiel en juillet 2016, et où la majorité avait également battu la campagne lors des européennes de 2019.
Mais les européennes du 9 juin ressemblent à la croisée des chemins pour le camp présidentiel, qui doit déjà affronter une absence de majorité absolue à l'Assemblée nationale et dont la liste est en difficulté dans les sondages, loin derrière le Rassemblement national.
Dans l'édition du sondage "rolling" Ifop-Fiducial pour LCI, Sud Radio et Le Figaro publiée lundi, la liste conduite par Valérie Hayer est créditée de 16% d'intentions de vote, soit moitié moins que le RN de Jordan Bardella (32%), et avec trois points d'avance sur la liste PS-Place Publique de Raphaël Glucksmann.
"Je ne suis pas inquiète des sondages. Les Français ne sont pas encore dans l'élection. Et moi, quand je fais du terrain, les retours sont plutôt bons. Il y a une dynamique, un truc qui se passe. Mais les Français ne savent pas qu'il y a une élection le 9 juin. On a vraiment un sujet de mobilisation", explique Valérie Hayer à l'AFP.
- Attal au front -
L'humeur est combative mais l'optimisme est cependant mesuré au sein de la majorité. Désignation tardive d'une candidate sans notoriété après plusieurs refus (Bruno Le Maire, Jean-Yves Le Drian), impatiences autour de la liste, délicate équation gouvernementale dans un contexte de contrainte budgétaire, volonté du Rassemblement national de faire du scrutin un référendum contre le chef de l'Etat: les pièges sont nombreux.
Si, sauf revirement, il ne sera vraisemblablement pas présent à la Mutualité, Emmanuel Macron semble brûler d'en découdre. "Je l'ai dit, je m'impliquerai (dans la campagne). Je ne peux pas vous dire que ces élections sont essentielles et ne pas m'impliquer pour soutenir la liste qui défend l'Europe", a-t-il déclaré ce week-end.
Le président a également attaqué les opposants du RN, "perclus d'incohérences", qui "changent de visage en permanence. Un jour le Frexit. Un autre le maintien dans l'Union".
Mais en attendant, c'est Gabriel Attal qui doit croiser le fer. "Je souhaite qu'il s'engage au maximum dans la campagne en faisant des débats, des meetings, en allant sur le terrain. C'est ce que je lui ai demandé, comme aussi à l'ensemble du gouvernement", a édicté Emmanuel Macron.
Le Premier ministre s'exprimera à la Mutualité, avant la conclusion de Valérie Hayer. "Gabriel Attal va se mettre dans le quotidien des Français", avec une démonstration de ce qu'apporte l'Union européenne pour les citoyens, les agriculteurs ou bien les retraités, et "ce que seraient les conséquences pour eux d'une vague brune", explique son entourage.
Le chef du gouvernement, à la demande du chef de l'Etat, devrait également bientôt débattre avec Jordan Bardella. "Il faut déjà qu'il s'implique dans la campagne et que ça se passe au mieux parce que de toute façon, il en sera comptable comme les autres ministres", souligne un leader parlementaire.