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Une trentaine de villages du nord-est de l'Ukraine sont lundi sous le feu de l'armée russe, qui poursuit sa nouvelle offensive dans la région de Kharkiv, où elle s'est emparée de dizaines de km2 en quelques jours.
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"Plus de 30 localités de la région de Kharkiv ont été touchées par des tirs d'artillerie et de mortier ennemis", a déclaré en milieu de journée sur les réseaux sociaux le gouverneur régional, Oleg Synegoubov.
Il précise que 5.762 de leurs habitants au total ont été évacués de ces zones depuis le début des combats. Le départ d'environ 1.600 autres personnes était prévu pour ce lundi, en dépit d'une "situation assez compliquée", selon lui.
Les forces russes ont franchi la frontière à partir de vendredi pour mener une offensive dans les directions de Lyptsi et de Vovtchansk, deux localités respectivement situées à une vingtaine et une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Kharkiv, la deuxième ville d'Ukraine.
Selon la chaîne Telegram DeepState, proche de l'armée ukrainienne, les Russes sont parvenus à occuper une bande d'environ 70 km2 dans la région de Lyptsi et une autre de 34 km2 vers Vovtchansk.
En parallèle, une personne a été tuée et trois autres blessées dans une frappe sur une ferme d'un village à l'ouest de Kharkiv, à une trentaine de kilomètres de la zone des combats, ont annoncé les autorités régionales.
Dans le village de Rouski Tychky, à 7 km de Lyptsi, des explosions résonnaient régulièrement au loin, a constaté l'AFP.
- "Tellement l'horreur" -
Kateryna Stepanova, 74 ans, vient d'être évacuée de Lyptsi avec son fils. Plusieurs bombes ont explosé dans sa rue.
"Je me suis enfuie avec ce que je portais, des vêtements sales (...). Heureusement, au moins nous sommes en vie", dit-elle à l'AFP, assise dans un minibus à un premier point de rassemblement pour les évacués.
"C'est tellement l'horreur ce qui se passe là-bas. Mais qu'est-ce qu'ils font ces idiots ? Les maisons sont en feu", ajoute la septuagénaire.
Selon la chaîne Telegram Rybar, proche de l'armée russe, après quatre jours d'offensive, "aucune percée à grande échelle des défenses ennemies n’a été enregistrée".
"Après avoir dégagé la zone frontalière +grise+, les unités d’assaut russes se sont concentrées sur la pénétration dans les bastions et les lignes défensives des forces armées ukrainiennes", affirme la chaîne lundi.
Dimanche soir, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a évoqué "des batailles défensives et des combats acharnés (...) sur une grande partie de notre frontière".
"L'idée derrière les attaques dans la région de Kharkiv est d'étirer nos forces et de saper le moral" des militaires ukrainiens, a-t-il dit.
- Kharviv pas menacée -
La grande cité de Kharkiv n'est pas menacée pour l'instant, "malgré tous les événements qui se déroulent dans la région", elle "est calme, nous ne voyons pas de gens partir", a déclaré dimanche son maire, Igor Terekhov.
Les autorités ukrainiennes prévenaient depuis des semaines que Moscou pourrait tenter d'attaquer les régions frontalières du nord-est de l'Ukraine, un pays actuellement confronté à des retards dans l'aide occidentale et qui manque de soldats.
Cette avancée russe intervient au moment où, à Moscou, le président russe Vladimir Poutine a procédé, dimanche soir, à un remaniement surprise et remplacé son emblématique ministre de la Défense Sergueï Choïgou, après deux ans de conflit en Ukraine sans issue claire.
Le nouveau ministre, Andreï Belooussov, a une formation d'économiste et - comme M. Choïgou quand il a été nommé à ces fonctions en 2012 - aucun bagage militaire.
A l'intérieur de la Russie et dans les zones d'Ukraine occupées, les Ukrainiens ont multiplié les frappes, en particulier sur les infrastructures énergétiques.
Au moins quatre personnes ont été tuées et sept blessées lundi, dans des bombardements imputés à l'Ukraine dans la région occupée de Lougansk (est) et dans celle russe de Koursk, ont annoncé les autorités russes.
L'Ukraine a par ailleurs revendiqué lundi avoir frappé un terminal pétrolier et une sous-station électrique respectivement dans les régions de Belgorod et de Lipetsk, dans l'ouest de la Russie, non loin de la frontière ukrainienne.
La partie russe n'a donné aucune indication s'agissant de l'attaque contre le terminal pétrolier mais le gouverneur de Lipetsk a confirmé un incendie à la sous-station électrique, sans pour autant révéler la cause de ce dernier, ni accuser l'Ukraine.