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De violents combats et des bombardements font rage samedi à Rafah, selon des témoins dans cette ville du sud de la bande de Gaza, tandis que l'armée israélienne a annoncé la première livraison d'aide humanitaire sur le territoire palestinien assiégé via un embarcadère construit par les Etats-Unis.
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Près de deux semaines après le début d'une opération "limitée" à Rafah, selon l'armée israélienne, une frappe a fait deux morts dans un camp de déplacés, a indiqué l'hôpital koweïtien de la ville, des témoins rapportant eux des tirs nourris et des bombardements dans le sud-est et les quartiers est de Rafah.
Dans le nord de la bande de Gaza, les combats entre forces israéliennes et combattants palestiniens ont repris. Des correspondants de l'AFP, des témoins et des médecins ont fait état de combats intenses dans la nuit de vendredi à samedi dans le camp de réfugiés de Jabalia, au nord de Gaza-ville.
- Destructions massives -
Le conflit a été déclenché le 7 octobre par une attaque de commandos du Hamas dans le sud d'Israël, qui a entraîné la mort de plus de 1.170 personnes, majoritairement des civils, selon un bilan de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes. Sur les 252 personnes emmenées comme otages le 7 octobre, 125 sont toujours détenues à Gaza, dont 37 sont mortes selon l'armée.
En représailles, Israël a lancé une opération militaire dans la bande de Gaza, où 279 soldats israéliens ont péri depuis l'entrée des troupes fin octobre sur le territoire palestinien où le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne, a pris le pouvoir en 2007.
Côté palestinien, 35.386 personnes, essentiellement des civils, ont été tuées depuis le début de la guerre, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza dirigé par le Hamas.
Après des mois de bombardements et d'opérations qui ont provoqué des destructions massives dans le nord et le centre de la bande de Gaza, l'armée israélienne est entrée début mai à Rafah, ville du sud à la frontière égyptienne, où s'entassent plus d'un million de Palestiens, malgré une vive opposition internationale et une grave crise humanitaire dans le territoire.
De l'aide a été acheminée dans la bande de Gaza pour la première fois via une jetée flottante temporaire construite par les Etats-Unis, mais les principaux points de passage terrestres sont fermés ou fonctionnent au ralenti en raison des combats.
- Appel de 13 pays -
"Plus de 300 palettes d'aide humanitaire" ont été déchargées, les premières à entrer via la jetée flottante" provisoire arrimée sur la côte du territoire palestinien menacé de famine, a déclaré samedi l'armée israélienne dans un communiqué.
De son côté, le Hamas a souligné samedi dans un communiqué "qu'aucune voie d'acheminement de l'aide, y compris la jetée flottante, ne constituait une alternative aux routes sous supervision palestinienne".
Vendredi, 13 pays -- Japon, Canada, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Australie, Corée du Sud et sept Etats membres de l'UE parmi lesquels la France -- ont adressé à Israël un appel conjoint à ne pas lancer d'offensive de grande ampleur sur Rafah.
Mais pour le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, il s'agit d'une offensive nécessaire et "décisive", dans la mesure où les derniers bataillons du Hamas sont retranchés à Rafah, selon lui.
Sur les 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza, quelque 1,4 million de personnes, habitants et personnes déplacées par les combats, se trouvaient jusque-là à Rafah.
Depuis qu'Israël a ordonné aux civils de quitter les secteurs est de Rafah le 6 mai en prévision d'une offensive terrestre d'envergure, "640.000 personnes" ont fui la ville, "dont 40.000 le 16 mai", selon le bureau des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).
Dans leur appel commun, les 13 pays réclament aussi "des efforts supplémentaires" pour améliorer les flux d'entrée de l'aide internationale "par tous les points de passage concernés, y compris celui de Rafah".
- Paralysie -
Premier soutien d'Israël, les Etats-Unis, qui s'opposent également à une offensive d'ampleur à Rafah, ont annoncé la visite dimanche en Israël du conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan, après une escale samedi en Arabie saoudite.
Depuis le déploiement le 7 mai de l'armée israélienne du côté palestinien du point de passage de Rafah, Israéliens et Egyptiens se renvoient la responsabilité de la paralysie de ce passage crucial pour l'entrée de l'aide, dont les livraisons sont aussi largement entravées aux passages côté israélien de Kerem Shalom et d'Erez.
Dans ce contexte, Washington a annoncé vendredi avoir évacué 17 médecins américains qui étaient bloqués dans le territoire palestinien.
Par ailleurs, un chef local de la branche armée du Jihad Islamique à Jenine, dans le nord de la Cisjordanie occupée, a été tué dans une frappe israélienne, a annoncé samedi le mouvement islamiste, confirmant une information de l'armée israélienne et du gouvernement palestinien.