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La violence a rattrapé les élections au Mexique où 98,3 millions d'électeurs inscrits s'apprêtent dimanche, sauf coup de théâtre, à élire la première femme présidente de l'histoire d'un pays gangréné par le narcotrafic et où l'ONU décompte une dizaine de féminicides par jour.
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Deux personnes ont été tuées dans deux attaques contre des bureaux de vote dimanche lors de ces élections qui doivent départager la favorite pour la présidentielle, la candidate de la gauche au pouvoir Claudia Sheinbaum, de sa rivale Xochitl Galvez.
Les deux attaques ont été enregistrées dans deux localités de l'Etat de Puebla (centre), a indiqué une source de sécurité du gouvernement local.
Un candidat aux élections locales avait déjà été tué dans ce même Etat vendredi. Un autre candidat à un mandat mineur a été tué dans la nuit quelques heures avant l'ouverture des bureaux de vote dans l'ouest, d'après le parquet.
Au moins 25 candidats ont été assassinés pendant la campagne, d'après le comptage de l'AFP arrêté samedi.
Dans la capitale, les deux favorites et l'outsider Jorge Alvarez Maynez ont voté dans la matinée.
"Sortez sans crainte" pour voter, a lancé la candidate de l'opposition, l'ex-sénatrice de centre-droit Xochitl Galvez, en attendant longtemps sous un soleil de plomb pour voter.
"Un jour historique. Je me sens très contente", a pour sa part déclaré à la presse la favorite, la candidate de la gauche au pouvoir , après avoir voté dans le sud de Mexico.
En trois mois de campagne, l'ex-maire de la capitale, candidate du Mouvement pour la régénération nationale (Morena), a régulièrement devancé de 17 points en moyenne sa rivale de centre-droit, z, soutenue par une coalition de trois partis.
Claudia Sheinbaum a confié qu'elle n'avait pas voté pour elle-même à la présidentielle, mais pour une pionnière de la gauche mexicaine, Ifigenia Martinez, 93 ans, en hommage à sa lutte. "Vive la démocratie!", a conclu Mme Sheinbaum.
Au Mexique, où 98,3 millions de personnes sont inscrites sur les listes électorales selon l'Institut national électoral (INE), les bulletins de vote prévoient une case vide permettant de voter pour des candidats non enregistrés.
- "Le temps des femmes" -
Le troisième candidat, Jorge Alvarez Maynez, 38 ans, a emmené son jeune fils dans l'isoloir pour une première leçon de civisme. "Notre démocratie est imparfaite (...) mais nous avons avancé en tant que pays", a déclaré le représentant du Mouvement citoyen (MC) après avoir voté.
De Cancun (sud-est) à Mexico, les files ont commencé à se former dès l'ouverture des bureaux de vote à 08H00 locales (14H00 GMT à Mexico).
"Je crois que ça va être historique en terme de participation", affirme Ana Hernandez, 28 ans, politologue, devant un bureau de vote dans la capitale.
Clemencia Hernandez, femme de ménage de 55 ans, s'apprête à voter pour Caudia Sheibaum à Mexico. "Une femme présidente représentera une transformation et espérons qu'elle fasse davantage pour ce pays. Ici la violence contre les femmes est à 100%. Beaucoup de femmes sont soumises par leurs partenaires, qui ne les laissent pas sortir de la maison pour travailler", dit-elle.
"Aucun gouvernement avant ne s'était préoccupé autant des personnes âgées", argumente-t-elle, en référence au président sortant Andres Manuel Lopez Obrador, le mentor politique de Claudia Sheinbaum.
Les électeurs sont également appelés à renouveler le Congrès et le Sénat, à choisir les gouverneurs dans neuf des 32 États et à désigner des députés locaux et maires.
En tout, 20.000 postes sont à pourvoir lors de ces élections à un tour. Les premières tendances pour la présidentielle seront connues quelques heures après la fermeture des bureaux de vote sur la côte Pacifique.
"C'est le temps des femmes et de la transformation", a proclamé Claudia Sheinbaum, portée par la popularité du président sortant, lors de son dernier rassemblement de campagne mercredi à Mexico.
"Cela veut dire vivre sans peur et être libres de violences", a ajouté Mme Sheinbaum. Chaque jour, une moyenne de neuf à dix femmes sont assassinées au Mexique, selon l'ONU Femmes.
D'origine modeste, née d'un père indigène, cheffe d'entreprise, sa rivale Xochitl Galvez a dénoncé l'échec de la politique de sécurité du gouvernement sortant, parlant de "186.000 personnes assassinées et 50.000 personnes disparues" depuis 2018.