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Le Premier ministre britannique Rishi Sunak et son adversaire travailliste favori des sondages, Keir Starmer, s'opposent mardi soir dans un premier débat télévisé, à un mois des législatives du 4 juillet qui pourraient mettre fin à 14 ans de pouvoir conservateur.
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Si les deux hommes se font régulièrement face chaque semaine au Parlement, ce sera la première fois qu'ils s'affrontent directement dans cette campagne électorale où le Labour (travaillistes) fait valoir que le temps du "changement" est venu, tandis que les Tories (conservateurs) assurent être les seuls à avoir un "plan" pour le Royaume-Uni.
Diffusé à 21H00 (20H00 GMT) sur la chaîne privée ITV, ce débat doit durer une heure. Les deux hommes s'affronteront à nouveau fin juin, à une semaine du vote. D'autres débats télévisés sont aussi prévus entre responsables des principaux partis durant la campagne.
Rishi Sunak, 44 ans, à Downing Street depuis un peu plus de 18 mois, doit tenter de réduire l'écart avec son adversaire et convaincre qu'après 14 ans au pouvoir, son parti peut se renouveler, bien qu'il apparaisse divisé et usé après vu défiler cinq Premiers ministres.
Ces dernières semaines, et même avant le début de la campagne, M. Sunak a lancé quelques promesses spectaculaires, comme de rétablir un service national obligatoire, de durcir les aides sociales versées aux chômeurs, de continuer à baisser les impôts ou encore de clarifier la loi pour que le mot sexe y définisse le sexe biologique et non le genre.
En face, Keir Starmer, 61 ans, qui malgré l'avance de son parti dans les sondages ne suscite pas d'enthousiasme débordant chez les Britanniques, devra pour sa part tenter de rallier les indécis qui attendent d'en savoir plus sur le programme des travaillistes.
Mais celui que beaucoup jugent peu charismatique ne devrait pas prendre de risque. "Je tenterai simplement de rester calme et mesuré", a-t-il dit dans un entretien à l'hebdomadaire The Observer dimanche.
Dans une allusion à la stratégie dite du "vase Ming" accolée depuis des mois au Labour et qui consiste à jouer la sécurité pour conserver son avance dans les sondages, il a affirmé: "après l'avoir porté depuis un moment maintenant, je vais éviter la tentation de commencer à jongler avec".
Ces derniers jours, les deux hommes ont tous deux affirmé vouloir réduire l'immigration, M. Sunak en réduisant le nombre de visas alloués, M. Starmer en visant les patrons ne respectant pas le droit du travail en en renforçant la formation de travailleurs britanniques.
- La menace Reform UK -
Dans le dernier sondage YouGov, les travaillistes récolteraient 46% des voix et les conservateurs, 21%, tandis que les projections de l'institut en terme de sièges donnent une majorité absolue confortable au Labour.
"L'une des raisons principales pour lesquelles les conservateurs ont de si mauvais résultats dans les sondages vient d'une hémorragie parmi leurs électeurs qui optent pour le parti Reform UK", une formation nationaliste créditée d'environ 15%, décrypte Matthew Smith, de l'institut YouGov.
"21% de ceux ayant voté pour les conservateurs en 2019 disent qu'ils ont maintenant l'intention de voter pour Reform", ajoute-t-il.
Et cette tendance pourrait encore s'accélérer après l'annonce lundi de la candidature du champion du Brexit Nigel Farage sous la bannière de Reform UK.
"Voter pour quelqu'un d'autre qu'un candidat conservateur revient simplement à voter pour installer Keir Starmer au n°10 (Downing Street)", a lancé face à cette menace Rishi Sunak, lors d'un déplacement dans l'Oxfordshire.
Selon les commentateurs politiques, il faut s'attendre lors du débat à des échanges musclés entre les deux hommes que tout oppose dans leur parcours, avec un Premier ministre ancien banquier d'affaires millionnaire et un Keir Starmer ancien avocat et magistrat issu d'un milieu modeste.
Rishi Sunak accuse régulièrement son adversaire de ne pas avoir de convictions et de multiplier les revirements. Starmer fustige le "chaos" crée par quatorze années de pouvoir conservateur.
Les critiques vireront-elles aux attaques personnelles, sur le passé de banquier de Rishi Sunak, ou sur les anciennes affaires traitées par l'avocat, puis procureur, Keir Starmer? Les deux hommes ont déjà pu tester leurs saillies ces derniers mois devant le Parlement.
L'audience de ce premier duel sera aussi très commentée, alors que selon un sondage Yougov, seul un électeur sur trois s'est dit intéressé par les débats télévisés de la campagne.