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Les Français ont commencé à voter dimanche en métropole pour élire leurs eurodéputés, au terme d'une campagne dominée par le Rassemblement national (RN), qui pourrait réaliser un score historique et infliger un revers cinglant à Emmanuel Macron, deux ans après sa réélection.
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Après certains territoires d'Outre-mer dès samedi, comme la Polynésie, les bureaux de vote ont ouvert à 08H00 en métropole.
Les instituts de sondage communiqueront leurs premières estimations de résultats à 20H00 (en métropole) à la fermeture des derniers bureaux des grandes villes.
Sur pas moins de 38 listes, au mieux sept d'entre elles semblent susceptibles de franchir le seuil de 5% requis.
Plus de 49 millions de Français sont appelés à se rendre aux urnes pour élire leurs 81 eurodéputés, qui siègeront pour les cinq années à venir au Parlement européen (720 membres au total).
Une vingtaine d'autres pays sont appelés dimanche à élire leurs représentants au Parlement européen où l'extrême droite est attendue en force.
En France, si les courbes des sondages ont peu varié, deux facteurs peuvent créer des surprises: d'une part la participation, qui pourrait dépasser les 50,12% de 2019; d'autre part l'incertitude du choix, 15 à 20% des électeurs se disant capables de changer d'avis jusque dans l'isoloir.
Dans tous les scénarios, la victoire semble promise à la liste de Jordan Bardella qui caracole en tête des sondages depuis des mois et pourrait augmenter de près de dix points son score déjà haut de 2019 (23,34%).
Le patron du RN a fait de cette élection un "référendum anti-Macron" avant la présidentielle de 2027. "Chaque jour qui passe, nous nous préparons à exercer le pouvoir", a commenté le leader d'extrême droite vendredi, dernier jour de campagne.
Surfant sur sa popularité à coups de selfies et de vidéos sur les réseaux sociaux, Jordan Bardella a bénéficié des sujets jugés prioritaires par les Français, comme le pouvoir d'achat et l'immigration, sans être pénalisé par la guerre en Ukraine ou le débat un peu laborieux face à Gabriel Attal.
- La majorité sur la défensive -
En face, la majorité a tenté de démonter ce qu'elle appelle le "Frexit caché" du RN qui souhaite pouvoir constituer une "minorité de blocage" au Parlement européen sur des sujets comme "l'écologie punitive".
Mais la liste menée par Valérie Hayer, eurodéputée sortante peu connue, a peiné à mobiliser l'électorat pro-européen d'Emmanuel Macron.
Ceci en dépit des interventions multiples du chef de l'Etat, depuis son discours de la Sorbonne sur l'avenir de l'Europe jusqu'à son interview télévisée le soir des commémorations du Débarquement, jeudi, au grand dam de la gauche et de LR qui l'ont accusé d'installer un "faux duel" face au RN.
Dissolution, remaniement, coalition avec les Républicains... Jusqu'à présent, le chef de l'Etat a semblé écarter toute conséquence "nationale" de ce scrutin "européen" et pourrait renvoyer tout cela à l'automne après les Jeux olympiques.
En attendant, le président doit voter à la mi-journée au Touquet et passera ensuite la soirée électorale à l'Elysée, entouré de conseillers. Il n'est pas exclu qu'il réunisse aussi les chefs du camp présidentiel.
Donnée autour de 15% (contre 22,42% en 2019), la liste de la majorité est même sous la menace de celle du PS-Place publique de Raphaël Glucksmann, qui l'a concurrencée sur le champ pro-européen et qui devrait enregistrer une nette progression par rapport à son score de 6,19% en 2019.
- Ambiance tendue à gauche -
L'avance de cette liste sur celle de LFI sera scrutée de près. Manon Aubry a durement attaqué pendant la campagne en accusant Raphaël Glucksmann de "trahir" l'alliance de gauche Nupes.
Jean-Luc Mélenchon compte sur une dynamique favorable dans une fin de campagne marquée par des coups d'éclat à l'Assemblée sur le soutien à Gaza pour tenter de mobiliser un électorat jeune et aller au-delà des enquêtes les plaçant autour de 8,5% (contre 6,31% en 2019).
Les écologistes pourraient faire les frais de cette "guerre des gauches". Donnée autour de 5%-6%, Marie Toussaint espère que les sondages les auront sous-estimés, comme en 2019 où Yannick Jadot s'était envolé à 13,48%. Le Parti communiste, mené par Léon Deffontaines, aura toutes les difficultés à atteindre les 5%.
A droite, en dépit de quelques coups d'éclat, la tête de liste LR François-Xavier Bellamy aura du mal à dépasser les 8,48% de 2019, qui avaient ouvert une crise au sein du parti.
Au sein des "petites" listes, seul le Parti animaliste semble en mesure de confirmer sa percée de 2019 (2,2%).