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Nouveau rebondissement: deux jours après la dissolution de l'Assemblée et la convocation de législatives anticipées, Eric Ciotti a défendu un accord avec le RN au risque de l'implosion des Républicains, tandis que l'ombre de Jean-Luc Mélenchon plane sur le nouveau "front populaire", en attendant la conférence d'Emmanuel Macron reportée à mercredi.
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"Nous avons besoin d'une alliance (...) avec le Rassemblement national", a affirmé M. Ciotti au 13H de TF1, estimant que "le pays n'a jamais été autant à droite" et souhaitant que "tous les députés LR sortants s'allient avec le RN pour préserver un groupe puissant à l'Assemblée nationale".
Initiative aussitôt désavouée par le chef des députés LR, Olivier Marleix, pour qui M. Ciotti "n'engage que lui" et "doit quitter la présidence" du parti. Au Sénat, Gérard Larcher a prévenu qu'il "n'avalisera jamais, sous aucun prétexte, un accord avec le RN", tandis que deux influents membres de son groupe ont annoncé quitter LR.
En franchissant le Rubicon d'une alliance avec l'extrême droite, le patron des Républicains a déclenché un torrent d'indignation bien au-delà de son camp. "Eric Ciotti signe les accords de Munich et enfonce dans le déshonneur la famille gaulliste", a ainsi réagi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. "Eric Ciotti vient d'assassiner la droite républicaine", a renchéri la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.
- "Clarification politique" -
A l'inverse, Marine Le Pen a salué "le choix courageux" et "le sens des responsabilités" du président des Républicains, et espéré "qu'un nombre conséquent de cadres LR le suivent". Même satisfaction chez Jordan Bardella, ravi que M. Ciotti ait répondu à son "appel au rassemblement".
Le matin même, le chef de file du RN pour les législatives du 30 juin avait assuré sur RTL que le parti à la flamme soutiendrait des candidats "issus des Républicains" afin de "bâtir une majorité la plus large possible".
Une union déjà esquissée la veille lors d'un entretien avec Marion Maréchal, qui a exprimé son "souhait ardent" d'un rapprochement avec son ancien parti. L'ex-tête de liste Reconquête devait également rencontrer mardi le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan.
Pendant que la droite réglait ses comptes, Emmanuel Macron faisait jouer la montre. Sa conférence de presse, initialement annoncée mardi après-midi, se tiendra finalement mercredi à la mi-journée, a fait savoir l'Elysée.
M. Macron y indiquera "l'orientation qu'il croit juste pour la Nation", à seulement 18 jours du premier tour de la plus courte campagne législative dans l'histoire de la Ve République. En attendant, "la clarification politique appelée de ses voeux dimanche par le président de la République est actuellement à l'oeuvre", a souligné la présidence, et "les forces républicaines d'un côté, les forces extrémistes de l'autre se positionnent".
"J'y vais pour gagner", a fait savoir le chef de l'Etat au Figaro magazine, excluant de démissionner "quel que soit le résultat" du 7 juillet.
Selon un sondage Harris Interactive - Toluna paru lundi, le RN est crédité de 34% d'intentions de vote pour le scrutin du 30 juin, qui lui permettrait selon l'institut d'obtenir une majorité relative à l'Assemblée nationale une semaine plus tard, avec 235 à 265 députés.
- Tractations à gauche -
Une alliance que le Premier ministre Gabriel Attal a vertement critiquée devant les députés Renaissance mardi, jugeant "révoltant" que les socialistes veuillent "construire un accord" avec la France insoumise.
Les quatre principaux partis de gauche (LFI, PS, Ecologistes, PCF) - ainsi que le mouvement Place publique de Raphaël Glucksmann et Générations - ont en effet trouvé un terrain d'entente lundi soir et appelé à "des candidatures uniques dès le premier tour" des législatives le 30 juin.
Les tractations ont repris mardi matin, pour affiner un programme commun et répartir les 577 circonscriptions. Mais le choix d'un chef de file reste en suspens. En tout cas, "ce ne sera clairement pas Jean-Luc Mélenchon", a estimé M. Glucksmann, excluant également d'être lui-même chef de gouvernement pour mieux suggérer le nom de l'ex-secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, fer de lance du mouvement contre la réforme des retraites l'an dernier.
Le cas Mélenchon, accusé notamment d'ambiguïtés sur la question de l'antisémitisme, crispe aussi les chefs de partis, à l'instar du socialiste Olivier Faure, qui a estimé sur TF1 qu'"il n'y a pas de logique" à ce que le leader insoumis "soit le candidat" de la gauche pour Matignon.
"Il n'était pas dans les discussions" lundi soir, a souligné le communiste Fabien Roussel sur France 2, ajoutant que les partis sont "en train de construire autre chose".
A priori sans Jean-Luc Mélenchon, dont "la question n'est pas consensuelle dans cet accord", a reconnu l'écologiste Sandrine Rousseau sur LCI, évoquant elle aussi l'option Laurent Berger, mais aussi celle du franc-tireur insoumis François Ruffin.
Tous sont quoi qu'il en soit pressés par le temps: les candidatures devront être déposées entre mercredi et dimanche, alors que la campagne électorale pour le premier tour débutera lundi prochain.