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La guerre ne connaît pas de répit entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, Washington défendant mardi un plan de cessez-le-feu à l'occasion d'une conférence en Jordanie sur l'aide humanitaire aux Palestiniens, sous les bombes depuis plus de huit mois.
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Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, en tournée au Moyen-Orient, a souligné en Israël que le Premier ministre Benjamin Netanyahu lui avait "réaffirmé son engagement" pour un plan de cessez-le-feu annoncé le 31 mai par le président Joe Biden et adopté lundi par le Conseil de sécurité de l'ONU.
M. Blinken a aussi qualifié de "signe encourageant" la réaction du mouvement islamiste palestinien Hamas, qui avait dit accueillir "favorablement" un certain nombre d'éléments de la résolution américaine.
Après Israël, le secrétaire d'Etat s'est rendu en Jordanie pour une conférence internationale visant à mobiliser des fonds pour l'aide humanitaire à la bande de Gaza, territoire assiégé privé d'eau et d'électricité, où l'ONU s'inquiète des risques de famine.
Mardi, des frappes israéliennes meurtrières ont visé notamment le centre de la bande de Gaza, où l'armée israélienne a dit avoir "achevé une opération" dans l'est de Deir al-Balah et l'est d'al-Boureij.
L'armée a également annoncé mardi la mort de quatre soldats tués dans des combats la veille dans le sud, portant à 298 le nombre de soldats israéliens tués depuis le début de l'offensive au sol dans la bande de Gaza le 27 octobre.
"L'horreur doit cesser", a lancé le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, qui participait en Jordanie à la conférence sur l'aide pour Gaza. "Il est grand temps d'instaurer un cessez-le-feu et de libérer les otages sans conditions", a-t-il ajouté, en appelant "toutes les parties à saisir l'occasion" fournie par la nouvelle feuille de route.
- Impact psychologique -
La guerre dans la bande de Gaza a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent du Hamas dans le sud d'Israël, qui a entraîné la mort de 1.194 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.
Quelque 251 personnes ont été enlevées lors de cette attaque et 116 sont toujours retenues à Gaza, dont 41 sont mortes, selon l'armée israélienne.
En riposte, l'armée israélienne a lancé une offensive sur le territoire palestinien qui a fait au moins 37.164 morts, dont 40 en 24 heures, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza dirigé par le Hamas.
En Jordanie, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a déclaré qu'au moins 1,7 million de personnes, sur les quelque 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza ont été déplacées à plusieurs reprises par les opérations militaires israéliennes.
Plus d'un million de Palestiniens à Gaza n'ont pas assez d'eau potable, a-t-il ajouté, déplorant également l'impact psychologique de la guerre, notamment sur les enfants, qui sont plus de 50.000 à avoir besoin d'un traitement contre la malnutrition aiguë.
"Environ 60% des bâtiments résidentiels et au moins 80% des installations commerciales ont été endommagés par les bombardements israéliens", a-t-il renchéri, déplorant au passage la destruction de centres de santé et d'écoles.
"Cette guerre a détruit nos vies", a témoigné pour l'AFP Soad Al-Qanou, tentant de sauver son fils, Amjad, amaigri par la malnutrition, dans le camp en ruines de Jabalia (nord).
Le 7 mai, l'armée a lancé une offensive terrestre sur la ville de Rafah, dans le sud du territoire palestinien assiégé, qui a entraîné la fermeture du poste-frontière avec l'Egypte, crucial pour l'entrée de l'aide humanitaire, désormais contrôlée par Israël.
Et "pour plus de 700.000 personnes assiégées dans le secteur nord, le nombre de camions (d'aide) par jour ne dépasse pas 35, alors que c'est leur seule source de nourriture et de médicaments", a déploré mardi le bureau des médias du Hamas.
- "Crimes de guerre" -
Sur le plan diplomatique, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté lundi par 14 voix et une abstention, celle de la Russie, la résolution américaine soutenant le plan qui vise à établir par étapes un cessez-le-feu permanent à Gaza.
Ce plan prévoit, dans une première phase, un cessez-le-feu de six semaines accompagné d'un retrait israélien des zones densément peuplées de Gaza, de la libération de certains otages et de prisonniers palestiniens détenus par Israël.
Aucun des deux camps n'a répondu officiellement à cette proposition, le Hamas exigeant jusque-là un cessez-le-feu définitif et un retrait total des soldats israéliens de la bande de Gaza, et Israël refusant de mettre fin à la guerre tant que ne sera pas éliminé le mouvement palestinien, au pouvoir à Gaza depuis 2007 et qu'il considère comme une organisation terroriste de même que les Etats-Unis et l'Union européenne.
La feuille de route avait été présentée par Joe Biden comme émanant d'Israël, qui ne l'a jusqu'à présent pas formellement acceptée.
De son côté, Benjamin Netanyahu cherche à tirer parti d'une opération des forces spéciales ayant permis de libérer quatre otages samedi dans la bande de Gaza, selon des médias israéliens, durant laquelle 274 Palestiniens ont été tués, d'après le ministère de la Santé du Hamas.
Pour Jeremy Laurence, son porte-parole, "toutes ces actions, par les deux parties, pourraient s'apparenter à des crimes de guerre".