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L'armée israélienne a annoncé mardi avoir approuvé des plans opérationnels en vue d'une "offensive au Liban", après des jours d'escalade avec le Hezbollah dans la zone frontalière, en marge de la guerre dans la bande de Gaza.
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Les échanges de tirs sont presque quotidiens à la frontière nord d'Israël avec le Liban depuis l'attaque du mouvement islamiste Hamas, allié du Hezbollah libanais, contre Israël le 7 octobre, qui a déclenché la guerre dans le territoire palestinien.
Mardi, l'armée israélienne a annoncé que "des plans opérationnels pour une offensive au Liban" avaient été "approuvés et validés", lors d'une réunion entre généraux consacrée à une "évaluation de la situation".
Au même moment, l'émissaire du président américain Joe Biden, Amos Hochstein, se trouvait à Beyrouth où il a jugé "urgente" une désescalade entre Israël et le Hezbollah, parlant de "situation grave".
Les Etats-Unis veulent éviter "une guerre à grande échelle", a-t-il dit, après avoir fait étape à Jérusalem.
- Bombardements à Gaza -
Dans la bande de Gaza, les bombardements et les combats ont connu une accalmie relative depuis l'annonce par l'armée, dimanche, d'une pause humanitaire dans un secteur du sud du territoire, qui a coïncidé avec le début de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha.
Mardi, des bombardements israéliens meurtriers ont néanmoins visé notamment la ville de Rafah, dans le sud, et le centre du territoire.
Dans le centre, 13 Palestiniens ont été sortis avant l'aube des décombres de deux habitations bombardées à Nousseirat, selon la Défense civile.
L'hôpital Al-Awda de Nousseirat a annoncé avoir reçu six corps et 15 blessés "après des frappes israéliennes sur plusieurs secteurs du centre et du sud de la bande de Gaza".
L'armée a annoncé poursuivre ses opérations contre le Hamas et ses alliés, notamment à Rafah où des témoins ont signalés des combats dans plusieurs quartiers.
"Depuis un mois, nous démantelons le Hamas à Rafah", a déclaré le porte-parole du gouvernement israélien, David Mencer. "Des avant-postes terroristes à Shaboura et Tal al-Sultan sont en train d'être défaits. Nous avons éliminé des centaines de terroristes, découvert des entrées de tunnels", a-t-il ajouté.
La guerre a éclaté le 7 octobre, quand des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël ont mené une attaque qui a entraîné la mort de 1.194 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.
Sur 251 personnes enlevées, 116 sont toujours retenues en otages à Gaza, dont 41 sont mortes, selon l'armée.
En riposte, l'armée israélienne a lancé une offensive sur la bande de Gaza, qui a fait jusqu'à présent 37.372 morts, en majorité des civils, dont au moins 25 en 24 heures, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas.
- "Changer les règles" -
Malgré les multiples efforts des pays médiateurs, Etats-Unis, Qatar et Egypte, la perspective d'un cessez-le-feu semble lointaine.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu assure qu'il poursuivra la guerre jusqu'à l'élimination du Hamas, au pouvoir depuis 2007 dans la bande de Gaza.
Le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël, exige de son côté un cessez-le-feu permanent et un retrait israélien total de Gaza.
Un plan annoncé le 31 mai par le président américain Joe Biden, prévoyant dans un premier temps un cessez-le-feu de six semaines associé à un échange d'otages et de Palestiniens détenus par Israël, est resté lettre morte.
Dans un message aux musulmans pour l'Aïd al-Adha, Joe Biden avait plaidé pour la mise en oeuvre de ce plan, soulignant qu'il s'agissait du "meilleur moyen" d'aider les victimes des "horreurs" de la guerre.
A Beyrouth, M. Hochstein a affirmé que ce plan représentait aussi "une chance pour mettre fin au conflit" à la frontière israélo-libanaise.
Mais le ministre israélien des Affaires étrangères a averti mardi que "dans une guerre totale, le Hezbollah sera détruit et le Liban sera touché durement". "Nous sommes très proches du moment où nous déciderons de changer les règles du jeu contre le Hezbollah et le Liban", a ajouté M. Katz.
Un peu plus tôt, le Hezbollah avait diffusé des images présentées comme prises par un de ses drones au-dessus de Haïfa, grand port du nord Israël.
La vidéo, que l'AFP n'a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante, identifie certains endroits comme étant, selon le Hezbollah, des infrastructures militaires et énergétiques, d'autres comme des installations civiles.
- Netanyahu sous les critiques -
Cette escalade à la frontière libanaise intervient au moment où Benjamin Netanyahu fait face à des critiques grandissantes pour sa conduite de la guerre à Gaza.
Mardi soir, comme la veille, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés devant le Parlement à Jérusalem, pour réclamer des élections anticipées et un accord qui permettrait la libération des otages.
"On est pris en otage par un gouvernement d'extrême droite et nous voulons que cela cesse", a déclaré à l'AFP une jeune kinésithérapeute, prénommée Marva, qui manifeste depuis "plus d'un an contre Netanyahu".
Le Premier ministre avait auparavant invité des proches d'otages tués à Gaza à une réunion à sa résidence, selon plusieurs familles.
Dimanche, l'armée a annoncé qu'elle observerait "jusqu'à nouvel ordre" une pause quotidienne dans ses opérations pendant la journée, afin de faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire dont les Gazaouis ont cruellement besoin.
Cette pause concerne un tronçon routier d'une dizaine de kilomètres partant du point de passage israélien de Kerem Shalom, à l'extrémité sud de la bande de Gaza, vers le nord.