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Vingt-deux personnes ont été tuées et 45 autres blessées lors de tirs ayant endommagé le bureau du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Gaza, qui est entouré de centaines de personnes déplacées, a indiqué vendredi soir l'organisation.
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Ces nouvelles violences interviennent alors que que l'armée israélienne intensifie ses frappes sur la bande de Gaza dans lesquelles au moins 30 Palestiniens ont été tués dans la journée de vendredi selon des médecins, et qu'elle a échangé de nouveaux tirs transfrontaliers avec le Hezbollah libanais.
Le Liban ne peut pas devenir "un autre Gaza", a mis en garde le patron de l'ONU Antonio Guterres, en soulignant les craintes d'un embrasement régional avec la multiplication des tirs à la frontière israélo-libanaise et les menaces brandies par Israël et le Hezbollah, un mouvement armé et financé par l'Iran.
- "Afflux massif de victimes" -
Selon le CICR, les tirs de vendredi soir ont "provoqué un afflux massif de victimes vers l'hôpital de campagne de la Croix-Rouge, situé à proximité" qui "a reçu 22 morts et 45 blessés", écrit l'organisation sur X (ex-Twitter).
Le ministère de la Santé du gouvernement de la bande de Gaza, territoire dirigé par le mouvement islamiste palestinien Hamas, a pour sa part fait état de 25 morts et 50 blessés, accusant les Israéliens d'avoir "ciblé les tentes des civils déplacés à Al-Mawasi", zone dans le sud de la bande de Gaza, proche de Rafah.
De son côté, un porte-parole de l'armée israélienne a indiqué à l'AFP qu'"une première enquête menée suggère que rien n'indique qu'une frappe ait été effectuée par l'IDF (armée israélienne, NDLR) dans la zone humanitaire d'Al-Mawasi". "L'incident est en cours d'examen", a ajouté le porte-parole.
Selon le CICR, "tirer si dangereusement près des structures humanitaires, dont les parties au conflit connaissent l'emplacement et qui sont clairement marquées de l'emblème de la Croix-Rouge, met en danger la vie des civils et du personnel de la Croix-Rouge".
- Intensification des frappes -
Vendredi, les bombardements aériens et à l'artillerie israéliens se sont intensifiés selon des témoins dans plusieurs secteurs du territoire palestinien assiégé par Israël depuis le 9 octobre.
"C'était une journée difficile et très violente dans la ville de Gaza (nord). Jusqu'à présent, environ 30 martyrs ont été transportés à l'hôpital Al-Ahli", a déclaré le dr Fadel Naïm, directeur de l'établissement.
Les frappes ont aussi visé la ville de Rafah dans le sud où l'armée a fait état de combats avec le Hamas.
Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), au 17 mai, il ne reste plus que 750 personnes à Rafah, alors que la ville abritait 1,4 million de Palestiniens dont la grande majorité ont fui après l'offensive terrestre israélienne lancée le 7 mai.
Dans ce petit territoire où s'entassent quelque 2,4 millions de Palestiniens, "plus d'un million de personnes se déplacent constamment" dans l'espoir de trouver un lieu sûr alors qu'"aucun lieu n'y est sûr", a déclaré le Dr Thanos Gargavanis, responsable des urgences à l'OMS.
Le 7 octobre, des commandos du Hamas infiltrés de Gaza ont mené une attaque dans le sud d'Israël qui a entraîné la mort de 1.194 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles. Sur 251 personnes enlevées ce jour-là, 116 sont toujours retenues à Gaza dont 41 sont mortes.
En riposte, Israël a promis de détruire le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007. Son armée a lancé une offensive d'envergure à Gaza qui a fait jusqu'à présent 37.431 morts, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement local, dirigé par le Hamas.
L'armée israélienne a annoncé la mort de deux soldats, ce qui porte à plus de 310 le nombre de militaires tués depuis le début des opérations terrestres à Gaza le 27 octobre.
De son côté, le gouvernement du Qatar a assuré vendredi qu'il poursuivait ses efforts de médiation entre Israël et le Hamas.
Malgré le désastre humanitaire dans le territoire palestinien menacé de famine selon l'ONU, l'aide internationale a du mal à arriver, selon l'OMS.
Une pause quotidienne annoncée par Israël sur une route du sud, et présentée comme un moyen de faciliter l'entrée de l'aide par le passage israélien de Kerem Shalom vers Gaza n'a eu "aucun impact", a dit l'OMS. L'entrée de l'aide "a été minime" et la récupérer à Kerem Shalom est dangereux.
- Tensions entre Israël et Washington -
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a par ailleurs affirmé qu'Israël menait "une guerre pour son existence" à Gaza et avait besoin des armes américaines, après avoir accusé mardi les Etats-Unis, premier soutien militaire d'Israël, de "retenir" des livraisons d'armement.
Des commentaires jugés "décevants" et "offensants" par John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale, pour qui "aucun autre pays ne fait plus pour aider Israël à se défendre contre la menace du Hamas".
Le secrétaire d'Etat Antony Blinken, qui a rencontré à Washington des responsables israéliens jeudi, a aussi souligné "l'importance d'éviter une nouvelle escalade au Liban", pays où le Hezbollah a ouvert le front en soutien au Hamas, son allié, le 8 octobre.
Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, a averti qu'"aucun lieu" en Israël ne serait épargné par les missiles de son mouvement après que l'armée israélienne a annoncé que "des plans opérationnels pour une offensive au Liban" avaient été "validés".
Vendredi, le Hezbollah a dit avoir lancé des drones explosifs sur une position militaire à la frontière nord d'Israël et mené des attaques aux roquettes et drone contre d'autres cibles militaires frontalières. Au Liban, des médias ont fait état de frappes et de bombardements israéliens contre plusieurs localités du sud du Liban.