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L'armée israélienne a pilonné samedi le nord de la bande de Gaza où les combats contre le mouvement palestinien Hamas font rage, au lendemain de tirs meurtriers aux abords d'un bureau du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
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Des échanges de tirs ont éclaté tôt samedi entre combattants palestiniens et forces israéliennes dans la ville de Gaza (nord), selon un journaliste de l'AFP. Dans le quartier de Zeitoun, des témoins ont vu des hélicoptères israéliens tirant sur des combattants palestiniens.
Vendredi également, l'armée a échangé de nouveaux tirs transfrontaliers avec le Hezbollah libanais, un allié du Hamas, signe des tensions exacerbées à la frontière israélo-libanaise, qui font craindre une extension du conflit.
Dans le sud du territoire palestinien assiégé, des tirs "de gros calibre" ont provoqué vendredi soir "un afflux massif de victimes vers l'hôpital de campagne de la Croix-Rouge", près de son bureau, qui "a reçu 22 morts et 45 blessés", a indiqué le CICR, sans préciser l'origine des tirs.
- "Zone humanitaire" -
Le ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, territoire dirigé par le Hamas, a lui accusé Israël d'avoir "ciblé les tentes des civils déplacés à Al-Mawasi", faisant état de 25 morts et 50 blessés.
La zone côtière d'Al-Mawasi, près de Rafah, abrite des déplacés chassés par les combats dans le reste du territoire palestinien. Elle avait été déclarée "zone humanitaire" par Israël, en théorie sûre pour les déplacés.
Un porte-parole de l'armée israélienne a affirmé à l'AFP qu'"une première enquête suggère que rien n'indique qu'une frappe ait été effectuée" par l'armée à Al-Mawasi.
Assise sur un parpaing, une femme palestinienne pleure samedi devant le corps d'un proche enveloppé dans une bâche blanche, tué dans ces tirs.
Des hommes portent sur un brancard le corps d'une autre victime, avec en arrière-plan des murs noircis par les flammes. De la fumée s'échappe encore des cendres dans un bout de terrain réduit à un champ de débris calcinés.
- "Aucun lieu sûr" -
"Il y a peu, des avions de combat de l'armée ont frappé deux sites d'infrastructure militaire du Hamas dans la région de la ville de Gaza", a indiqué l'armée dans un communiqué samedi.
Selon des témoins, au moins quatre bâtiments résidentiels et des maisons voisines ont été détruits lors des frappes aériennes, faisant plusieurs victimes. Ces frappes ont eu lieu dans le camp d'Al-Shati et le quartier de Daraj Tufah à Gaza-Ville.
La guerre à Gaza a été déclenchée par une attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre sur Israël, entraînant la mort de 1.194 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP d'après des données officielles. Sur 251 personnes enlevées ce jour-là, 116 sont toujours retenues à Gaza dont 41 sont mortes selon l'armée.
En riposte, Israël a promis d'anéantir le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007 et classé organisation terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne notamment. Son armée a alors lancé une offensive tous azimuts à Gaza, qui a fait jusqu'à présent 37.551 morts, essentiellement des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement Hamas.
Cette offensive a provoqué un désastre humanitaire: la population, privée de tout, survit dans des conditions extrêmement difficiles, cernée par des frontières hermétiquement fermées. L'aide internationale, essentielle pour répondre aux besoins immenses de la population, a du mal à arriver, déplore l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Une pause quotidienne annoncée récemment par Israël sur une route du sud, présentée comme un moyen de faciliter l'entrée de l'aide par le passage israélien de Kerem Shalom vers Gaza, n'a eu "aucun impact", selon l'OMS. L'entrée de l'aide "a été minime" et la récupérer à Kerem Shalom est dangereux.
Dans le petit territoire palestinien où s'entassent quelque 2,4 millions de Palestiniens, "plus d'un million de personnes se déplacent constamment" dans l'espoir de trouver un lieu sûr alors qu'"aucun lieu n'y est sûr", a déclaré le Dr Thanos Gargavanis, responsable des urgences à l'OMS.
"Nous ne voyons aucune aide (...) Tout ce que nous mangeons provient de notre propre argent et c'est très cher", regrette Om Mohammad Zamlat, 66 ans, déplacé à Khan Younès (sud). "Même les agences spécialisées dans l'acheminement de l'aide ne sont pas en mesure de nous fournir quoi que ce soit (...) Nous espérons que cette guerre prendra fin et que nous retournerons chez nous".
- Violences transfrontalières -
Tandis que les négociations en vue d'un cessez-le-feu piétinent, la guerre a provoqué une flambée de violence à la frontière israélo-libanaise, où les confrontations sont quasiment quotidiennes. Les échanges de tirs entre l'armée et le Hezbollah, mouvement soutenu par l'Iran, se sont intensifiés récemment.
Dans une allocution télévisée, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a averti mercredi qu'"aucun lieu" en Israël ne serait épargné par les missiles de son mouvement, après que l'armée israélienne a annoncé la validation de "plans opérationnels pour une offensive au Liban".
Vendredi, le mouvement chiite a affirmé avoir mené des attaques contre des cibles militaires frontalières. Au Liban, des médias ont signalé des frappes et des bombardements israéliens contre plusieurs localités du sud du pays.
Le Liban ne doit pas devenir "un autre Gaza", a plaidé le patron de l'ONU Antonio Guterres, soulignant les craintes d'un embrasement régional.