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"Nous sommes prêts": Jordan Bardella a entendu lundi jurer du sérieux de son programme et de sa capacité à gouverner s'il devait accéder à Matignon, alors que Gabriel Attal, en campagne à Dijon, tente de relancer le camp présidentiel à la peine à six jours du premier tour.
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Après une semaine de flottement lors de laquelle le camp lepéniste a semblé reculer sur plusieurs de ses mesures-phares, en premier lieu l'abrogation de la réforme des retraites, le chef de file du Rassemblement national a tenu une longue conférence de presse lundi matin pour tenter de mettre les points sur les "i".
Mais c'est dans le domaine de l'éducation qu'il a annoncé de nouvelles mesures, promettant "un big bang de l'autorité" dès la rentrée avec l'interdiction des téléphones portables dans les collèges et lycées, le "vouvoiement" des enseignants ou encore la poursuite de l'expérimentation de l'uniforme "à l'école primaire, mais aussi au collège".
Devant Marine Le Pen et notamment Eric Ciotti, le président de LR avec qui il a noué alliance, le prétendant d'extrême droite à Matignon a en outre confirmé que "les postes les plus stratégiques de l'Etat seront réservés aux citoyens français" qui n'ont qu'une seule nationalité, à l'exclusion donc des binationaux.
Il a également assuré qu'il serait "extrêmement vigilant (face) aux tentatives d'ingérence de la Russie", s'il accédait au pouvoir.
Crédité d'environ 35% d'intentions de vote au premier tour - et d'une majorité relative à absolue dans l'hémicycle le 7 juillet - selon les estimations de plusieurs instituts de sondages, le Rassemblement national est plus que jamais la cible de ses adversaires, le Nouveau Front populaire (27% à 29,5% d'intentions de vote) comme le camp présidentiel (environ 20%).
A gauche, Jean-Luc Mélenchon s'en était déjà pris dimanche aux lepénistes, selon lui responsables de "cette peur qui est entrée dans nos familles (...), nous autres les métissés, les racisés" en renvoyant aux stigmatisations lors des émeutes consécutives à la mort du jeune Nahel, tué par un tir policier.
Le patron de LFI a par ailleurs ravivé la discorde au sein de l'alliance de gauche après avoir rappelé son "intention de gouverner le pays", tout en affirmant ne pas "s'imposer": suffisant pour susciter une levée de boucliers, notamment chez l'ancien président socialiste François Hollande, qui lui a enjoint de garder le silence face au "rejet" qu'il susciterait dans l'opinion.
Gabriel Attal a sauté sur l'occasion pour inviter Jean-Luc Mélenchon à "venir débattre" mardi soir sur TF1 avec Jordan Bardella et lui-même plutôt que "d'envoyer son porte-parole", en l'occurrence le coordinateur de LFI Manuel Bompard. Un avis partagé par le président du RN qui a rappelé que l'invitation de la chaîne avait été faite "aux candidats au poste de Premier ministre".
"M. Attal, vous êtes à votre poste du fait de la faveur du prince. Quant à nous, notre prochain Premier ministre sera proposé par le groupe parlementaire le plus nombreux en concertation, après les élections", a répondu M. Mélenchon sur X. Les chefs des formations du Nouveau Front populaire ont prévu de se partager les différents débats télévisés du premier et second tour.
- "La faute de personne" -
Autre candidat cité - par Raphaël Glucksmann - pour Matignon, l'ancien secrétaire général de la CFDT Laurent Berger est sorti de son silence dans Le Monde lundi pour expliquer que "la première urgence, c'est d’éviter le RN".
"Après, le nom de la personnalité qui ira à Matignon est le cadet de mes soucis aujourd'hui", a-t-il glissé. "En tous cas, c'est pas mon envie", a-t-il renchéri sur France 2.
A l'inverse de Gabriel Attal, décidé à conserver son poste, et selon qui "le RN n'est pas prêt à gouverner".
"Voilà, c'est l'essuie-glace. Pourquoi? Parce qu'ils ne sont pas prêts. Parce que le Rassemblement national est un parti d'opposition et non pas un parti de gouvernement", a-t-il martelé lors de ce déplacement.
"Chacun son identité, chacun son ADN, chacun sa méthode", a-t-il décliné, à l'égard d'Emmanuel Macron dont la majorité s'émancipe chaque jour un peu plus. Edouard Philippe, qui se rend lundi en Gironde soutenir des candidats de son parti Horizons et de Renaissance, l'avait pour sa part accusé d'avoir "tué" la majorité présidentielle.
Le chef de l'Etat leur a indirectement répondu dans un entretien donné à un podcast mis en ligne lundi, assurant avoir "conscience" que "beaucoup" dans la majorité lui "en veulent".
"Ce sera la faute de personne le soir du deuxième tour. Ce sera la responsabilité des Français. Et moi, c'est pas un pari (que je fais), c'est une confiance (que j'ai)" dans les électeurs, a-t-il ajouté.