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Le Rwanda a prévenu mardi que l'accord controversé sur les migrants conclu avec le Royaume-Uni, mais abandonné par le nouveau gouvernement britannique, ne prévoyait pas la restitution des fonds déjà versés par Londres.
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"L'accord que nous avons signé ne stipulait pas que nous devrions rendre l'argent", a expliqué le porte-parole adjoint du gouvernement rwandais Alain Mukuralinda, à la télévision d'État.
Samedi, deux jours après l'écrasante victoire de son parti aux législatives, le nouveau Premier ministre britannique, Keir Starmer, a annoncé l'abandon du plan visant à expulser vers le pays d'Afrique de l'Est des demandeurs d'asile et migrants arrivés illégalement au Royaume-Uni.
Le dirigeant travailliste a affirmé que le projet, élaboré par le précédent gouvernement conservateur, était "mort et enterré".
La Cour suprême du Royaume-Uni avait statué en novembre dernier que ce projet de loi, visé par une série de contestations devant la justice, était illégal au regard du droit international.
Mais en avril, le Parlement britannique l'a approuvé après une interminable bataille entre la chambre haute, réticente face à ce texte controversé, et la chambre basse.
De l'ONU aux Eglises chrétiennes, les appels s'étaient ensuite multipliés pour exhorter le Royaume-Uni à renoncer à ce projet.
"Que ce soit clair, le remboursement de l'argent n'a jamais fait partie de l'accord", a insisté Alain Mukuralinda.
Il a rappelé que le Royaume-Uni avait contacté le Rwanda et lui avait demandé un partenariat, qui avait fait l'objet de "discussions approfondies".
"L'accord a été soumis aux tribunaux et a même été amendé après les résultats des tribunaux", a-t-il déclaré.
"Il a été soumis au Parlement et est finalement devenu un traité entre les deux pays. Un traité prévoit une clause de sortie".
- "Non dissuasif" -
Le parti travailliste britannique avait affirmé avant les élections du 4 juillet qu'il abandonnerait ce programme, conçu, selon l'ancien gouvernement conservateur, pour dissuader les nombreux migrants qui tentent de traverser la Manche pour se rendre au Royaume-Uni à bord de bateaux en provenance notamment du nord de la France.
M. Starmer a annoncé sa suppression lors de sa première conférence de presse après la victoire écrasante du Labour.
"Le programme pour le Rwanda était mort et enterré avant même d'avoir commencé", a-t-il alors dit. "Je ne suis pas prêt à continuer avec des artifices qui n'ont pas d'effet dissuasif", a-t-il ajouté.
L'immigration est devenue une question politique de plus en plus centrale depuis que la Grande-Bretagne a quitté l'Union européenne en 2020, en grande partie sur la base d'une promesse de "reprendre le contrôle" des frontières du pays.
Le Rwanda, qui compte 13 millions d'habitants dans la région des Grands Lacs en Afrique, affirme être l'un des pays les plus stables du continent et s'est attiré des éloges pour ses infrastructures modernes.
Mais des groupes de défense des droits accusent le président Paul Kagame, au pouvoir depuis 24 ans, de régner dans un climat de peur ainsi que d'étouffer la dissidence et la liberté d'expression.
Des élections présidentielles et législatives y sont prévues le 15 juillet, et la réélection de Paul Kagame attendue.