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Un avion de combat américain a été abattu en Iran et des opérations sont en cours vendredi pour retrouver le pilote, selon des médias iraniens et américains, dans un premier revers de ce type depuis le début fin février de la guerre déclenchée par des bombardements américano-israéliens.
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Contacté par l'AFP à ce sujet, le commandement militaire des Etats-Unis pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas répondu dans l'immédiat.
L'antenne de la télévision d'Etat iranienne dans la région de de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad (sud-ouest) a diffusé des images de ce qu'elle a présenté comme l'épave de l'appareil abattu, la police annonçant une récompense à qui livrera ses occupants.
"Si vous capturez le ou les pilotes ennemis vivants et les remettez à la police et aux forces armées, vous recevrez une généreuse récompense", a déclaré la journaliste.
L'agence de presse Fars a annoncé elle une opération en cours "pour retrouver le pilote".
Plus d'un mois après le début de l'offensive américano-israélienne le 28 février, il s'agit de la première perte connue d'un avion sur le sol iranien, signe que la République islamique dispose encore de capacités antiaériennes malgré des semaines d'intenses bombardements.
- Alerte IA -
L'incident suit une nouvelle journée de rhétorique inflammatoire et de frappes américano-israéliennes contre l'Iran.
En parallèle, Téhéran a encore lancé des missiles sur Israël et des monarchies du Golfe, alliées des Etats-Unis, répondant aux attaques adverses et aux menaces de Donald Trump de ravager ses infrastructures.
Selon les médias iraniens, les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République, ont visé cette ville et la station balnéaire d'Eilat (sud).
Les alertes appelant les Israéliens aux abris en cas d'attaque sont désormais beaucoup plus précises, grâce à des outils d'intelligence artificielle. "L'alerte est ultra-localisée", explique Sarah Chemla, 32 ans, habitante de Tel-Aviv, qui ne réveille ses enfants que si son quartier est précisément menacé.
- Infrastructures civiles touchées -
Aux Emirats arabes unis, pays du Golfe régulièrement visé par l'Iran, 12 personnes, Népalais et Indiens, ont été blessées après l'interception d'une attaque à Abou Dhabi, où un complexe gazier a été fermé après un incendie.
Au Koweït, une frappe de drones sur une raffinerie a provoqué des feux, et une centrale électrique et de dessalement a été touchée.
L'armée iranienne avait dit au préalable viser des sites américains, israéliens et dans les "pays hôtes et alliés des Etats-Unis".
Elle rétorquait au président américain qui avait menacé de détruire les infrastructures iraniennes, proclamant sur son réseau Truth Social que "les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!".
Jeudi, les bombardements américano-israéliens ont notamment détruit un pont en construction près de Téhéran et endommagé l'Institut Pasteur iranien.
Israël a pour sa part estimé que "70% des capacités de production d'acier" de l'Iran étaient détruites. Depuis jeudi, les deux plus grandes aciéries y sont à l'arrêt.
Trump avait annoncé mercredi "deux à trois" semaines de frappes intenses pour renvoyer l'Iran "à l'âge de pierre", si Téhéran n'acceptait pas une solution négociée.
Alors qu'aucune porte de sortie ne se dessine, l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a appelé Téhéran, dans une tribune publiée par une revue américaine, à "conclure un accord" pour mettre fin à la guerre.
Il y enjoint son pays, en échange d'une levée des sanctions, à "limiter son programme nucléaire et rouvrir le détroit d'Ormuz", voie stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, d'engrais et d'autres marchandises, aujourd'hui paralysée.
La guerre a déjà fait des milliers de morts, principalement en Iran, et au Liban, que l'armée israélienne a envahi pour combattre le mouvement pro-iranien Hezbollah en réplique à des tirs sur Israël depuis le 2 mars.
L'armée israélienne assure avoir déjà frappé plus de 3.500 cibles à travers le Liban et "éliminé" environ 1.000 combattants.
La Force intérimaire des Nations unies dans le pays a annoncé vendredi que trois Casques bleus avaient été blessés par une explosion dont l'origine n'a pas déterminée.
- Transports gratuits -
Sur le front économique, la guerre nourrit toujours de fortes inquiétudes, car la quasi-fermeture par l'Iran du détroit d'Ormuz a entraîné une envolée des cours du pétrole et d'autres marchandises, laissant planer le spectre d'une crise inflationniste mondiale.
L'Iran, accusé par une quarantaine de pays de vouloir "prendre en otage l'économie mondiale", a prévenu que le détroit resterait fermé aux pays jugés hostiles.
Néanmoins, un porte-conteneur du groupe français CMA CGM a traversé le détroit jeudi, en affichant via son signal de navigation avoir un "propriétaire français". C'est le premier passage connu d'un navire d'un grand groupe européen de transport maritime par cette voie depuis sa paralysie.
Les pays du Golfe ont eux appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à donner son feu vert à une libération par la force du détroit.
Un vote prévu vendredi sur un projet de résolution en ce sens a été reporté faute de consensus au Conseil. Téhéran a de son côté mis en garde l'instance de l'ONU contre toute "action provocatrice".
Donald Trump, qui multiplie les propos contradictoires sur le détroit, a affirmé lui vendredi que les Etats-Unis pouvaient "ouvrir" le détroit et "prendre le pétrole" avec "un peu plus de temps".
Les répercussions économiques de la guerre continuent de se propager.
Le Bangladesh a réduit les horaires d'ouverture des bureaux et commerces à partir de vendredi pour baisser la consommation d'énergie.
A Islamabad, au Pakistan, la gratuité des transports en commun a été décrétée pour un mois, face à l'augmentation des prix de l'essence et du diesel. Et en Australie, des centaines de stations-service sont à court de carburant dans les zones rurales en ce début de week-end de Pâques.