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Alors que l'espoir de retrouver de nouveaux survivants des séismes au Venezuela est infime, les familles en colère réclament vendredi de l'aide pour extraire des décombres les dépouilles de leurs proches, et plus de transparence sur le bilan.
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"Que les machines n'arrivent pas pour les emporter comme des déchets, c'est ça mon objectif", témoigne José Francisco Liendo, à Caraballeda, dans la station balnéaire de La Guaira, proche de Caracas.
Le chauffeur de poids lourds âgé de 50 ans se tient devant les gravats d'un immeuble qui recouvrent, pense-t-il, les corps de son père et de sa soeur.
Le plus puissant séisme qu'ait connu le Venezuela depuis plus d'un siècle a fait 2.645 morts et 12.666 blessés, d'après le nouveau bilan donné vendredi par les autorités.
Elles évitent de chiffrer le nombre de disparus mais les Nations unies estiment qu'il pourrait s'élever à 50.000 et les réseaux sociaux restent inondés de photos de personnes manquant à l'appel.
Les sinistrés se comptent par millions, beaucoup vivant dans la rue ou des refuges improvisés.
Des secouristes vénézuéliens et étrangers s'affairent encore dans les décombres, neuf jours après les séismes, mais l'intensité des recherches diminue.
On estime généralement que les chances de survie sont pratiquement nulles au-delà de 72 heures. Pourtant, de nombreux proches s'accrochent encore à l'espoir, pensant percevoir des signes de vie.
- Chercher "nous-mêmes" -
Face au même immeuble de Carabelleda, des passants disent avoir entendus les cris d'un adulte et d'autres parlent aussi d'un enfant de neuf ans encore en vie. Mais des secouristes étrangers ont affirmé à l'AFP qu'il n'y avait plus de survivant à cet endroit.
A La Guaira comme dans la capitale Caracas, les critiques fusent contre la réaction du gouvernement, depuis les premières heures, lorsque le temps pressait pour retrouver les survivants, jusqu'à ce vendredi, quand familles et secouristes déplorent de ne pas avoir suffisamment de moyens pour extraire les dépouilles.
"Personne ne veut sortir les morts, nous devons chercher les corps nous-mêmes", lance Dalimer Diaz, 43 ans, qui cherche sa mère, son frère, sa soeur, sa belle-soeur et sa nièce.
"Nous avons déjà retrouvé mon père mais il manque les autres", poursuit-il en se séchant les larmes avec son masque blanc, sali par la poussière. "Je ne bougerai pas d'ici, pour qu'eux sachent que je les ai cherchés jusqu'au dernier moment."
Montrant un tractopelle stationné devant les immeubles en ruines, Victor Dorta, membre de la protection civile de 39 ans, déplore qu'"il n'y a pas d'engins pour couper le béton, on a juste ça". Pour lui, "le gouvernement ne fait que ralentir les choses au lieu d'aider". "C'est cela la réalité, il n'y a pas moyen de sortir les corps."
- Morgue improvisée -
La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a assuré jeudi soir que les recherches de survivants se poursuivaient, en promettant aussi que tous les morts seraient identifiés.
L'ampleur des dégâts a plongé dans le chaos une partie du pays, déjà plombé depuis des années par une profonde crise économique. Près de 200 bâtiments se sont complètement effondrés, selon les données officielles.
Une morgue improvisée est installée en plein air dans le port de La Guaira, où les proches attendent de longues heures.
Elle a accueilli 2.100 dépouilles, dont 1.700 ont été remises à leurs familles, a indiqué le gouverneur de La Guaira, José Alejandro Teran, à l'AFP.
Les hôpitaux de l'Etat ont reçu plus de 10.000 blessés, et 1.700 autres ont été soignés dans des hôpitaux de campagne, selon lui.
Un complexe sportif, le Domo José Maria Vargas, a été converti en centre d'aide où l'on distribue entre 40 et 50 tonnes d'aliments par jour.
- "Indigne" -
Arrivée au pouvoir après la capture, par les Etats-Unis, du président Nicolas Maduro dont elle était la vice-présidente, Delcy Rodriguez est soutenue par le président Donald Trump.
Les Etats-Unis coordonnent désormais les efforts internationaux au Venezuela et ont pris leurs distances avec la cheffe de l'opposition en exil, Maria Corina Machado.
La catastrophe a démontré, selon elle, que le Venezuela "souffre d'une absence absolue, totale, de capacités de gestion", a-t-elle déclaré par visioconférence à plusieurs journalistes.
A Caraballeda, José Vieira, 40 ans, observe les recherches. Trois membres de sa familles sont sous les décombres. "Ce gouvernement n'a rien fait pour aider à sortir de cette tragédie", dit-il, très affecté. "C'est indigne, inhumain."