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La justice a ouvert mardi la voie à une quatrième candidature à la présidentielle de Marine Le Pen en réduisant son inéligibilité, mais la dirigeante d'extrême droite pourrait devoir faire une partie de sa campagne sous bracelet électronique si elle se lançait malgré cette condamnation.
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Devant la cheffe de file du RN debout à la barre, la présidente de la cour d'appel, dénonçant des "faits graves" l'a condamnée à trois ans de prison, dont un an ferme à purger à domicile sous bracelet électronique, ce dont Marine Le Pen avait fait un obstacle à sa candidature.
Mais elle a drastiquement réduit la peine complémentaire d'inéligibilité à 45 mois dont 30 avec sursis (contre cinq ans en première instance), qui a déjà été purgée, depuis la condamnation en première instance.
Marine Le Pen n'a donc politiquement pas intérêt à former un pourvoi en cassation pour contester sa condamnation même si dans ce scénario, elle devrait se résoudre à partir au combat avec une condamnation pénale définitive.
Dans la perspective d'une campagne qui va s'accélérer à la rentrée politique en septembre, Marine Le Pen, 57 ans, reste toutefois lestée d'un boulet de poids: le bracelet que la cour d'appel l'a condamnée à porter sur la partie ferme de sa peine, à purger à domicile sous surveillance électronique.
Avant l'arrêt rendu mardi en début d'après-midi, Marine Le Pen avait estimé qu'il ne lui serait "pas possible" de faire campagne dans de telles conditions.
La cheffe de file des députés RN, qui avait prévu en cas de forfait, de transmettre le relais à son dauphin Jordan Bardella, doit s'exprimer au journal télévisé de 20H00 sur TF1.
Même si à en croire ces études, son remplacement par Jordan Bardella ne semblerait pas de nature à obérer les chances du RN. Quel que soit son candidat, il survole la totalité des sondages d'intentions de vote, bien au-dessus de 30%.
"Nous ne nous découragerons jamais, nous lutterons toujours, nous irons jusqu'au bout, jusqu'à la victoire", avait lancé samedi, avant la décision, Marine Le Pen, aux côtés de Jordan Bardella, à Liévin, dans son fief du Pas-de-Calais.
La patronne du RN avait été condamnée en première instance l'an dernier à quatre ans de prison, dont deux ans ferme sous surveillance électronique, ainsi qu'à cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate. Une peine qui lui barrait la route vers l'Elysée.
Si les débats ont été plus apaisés en appel, Marine Le Pen n'avait pas bougé sur le fond, protestant durant trois semaines de sa "bonne foi" et niant avoir mis en oeuvre entre 2014 et 2016 un "système" destiné à détourner des fonds européens.
- "Organisation" -
Durant cinq mois de délibéré, les trois magistrats ont dû répondre à une première question: Marine Le Pen est-elle coupable d'avoir détourné des fonds publics en faisant embaucher par les eurodéputés de son parti des assistants, payés par le Parlement européen, dont les activités n'étaient en fait qu'au seul bénéfice du parti? Ils ont de nouveau répondu par l'affirmative.
Les débats ont mis en évidence l'absence ou, au mieux, la grande indigence des preuves de tâches d'assistants parlementaires réellement exécutées.
À l'audience, l'accusation a fustigé une "organisation", d'abord décrite comme "artisanale" lors de sa mise en œuvre par Jean-Marie Le Pen en 2004, puis "professionnalisée" à partir de 2012 par sa fille, qui lui avait succédé un an plus tôt à la tête du parti.
En réclamant cinq ans d'inéligibilité comme en première instance, ils avaient répondu par la négative à une seconde question: Marine Le Pen doit-elle pouvoir se présenter en 2027 ? La cour d'appel a apporté une réponse inverse en se refusant à empêcher Marine Le Pen d'être candidate à l'élection centrale de la vie démocratique française.
Le parquet général a dix jours pour se pourvoir en cassation.