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Le chef de l'Otan s'est efforcé mercredi de rassurer sur l'engagement américain au sein de l'Alliance, au moment où les alliés européens attendent, inquiets, l'entrée en scène de Donald Trump au deuxième jour d'un sommet sous tenson à Ankara.
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Quelle en sera la tonalité? Conciliante comme en 2025 à La Haye où il avait célébré un "succès monumental" après l'engagement des pays à consacrer au moins 5% de leur produit intérieur brut à leur sécurité? Grinçante, voire franchement menaçante, comme au cours des derniers mois où il a fustigé l'absence de soutien des Européens dans son opération militaire contre l'Iran?
Interrogé sur les critiques répétées, y compris mardi à Ankara, de Donald Trump contre l'Alliance, son secrétaire général Mark Rutte a, comme à son habitude, écarté mercredi l'idée que cela mettait en danger cette dernière.
"Il y a un engagement complet" des États-Unis au sein de l'Alliance, a-t-il martelé, louant le rôle joué par Donald Trump depuis son retour au pouvoir.
"Soyons honnêtes: le fait que le président Trump encourage les Canadiens et les Européens (à dépenser plus) a vraiment aidé", a-t-il avancé. "C'est une grande victoire pour le président américain", a-t-il ajouté, dans une formule qui devrait être douce aux oreilles du locataire de la Maison Blanche.
Au programme mercredi pour Donald Trump: la traditionnelle photo de famille avec les 32 dirigeants des pays de l'Alliance, une - brève - séance de travail, et une rencontre très attendue avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
"J'ai été très déçu par l'Otan", a-t-il lancé, laissant entendre que si le rassemblement n'avait pas été organisé en Turquie par son "ami", il n'aurait même pas pris la peine de traverser l'Atlantique.
- Groenland "évidemment pas à vendre" -
Chiffres et graphiques à l'appui, et fidèle à une stratégie de séduction dont il n'a jamais dévié, le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, se démultiplie, lui, pour démontrer à Trump que les engagements des pays de l'Otan sont suivis d'actes. Et que ses appels à un meilleur partage du fardeau ne restent pas vains.
Le consensus est là : l'Alliance doit devenir beaucoup plus européenne et un peu moins américaine. Mais le chantier est immense et complexe. Et les coups de pression de Washington créent un climat difficile.
Mi-juin, à Bruxelles, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a annoncé un "réexamen" dans les six mois de la présence des forces américaines en Europe.
Autre dossier sensible qui refait surface régulièrement: le Groenland.
Interrogé mardi sur ce sujet qu'il avait un peu délaissé depuis quelques mois, Donald Trump a redit que le territoire autonome danois devrait, selon lui, être "contrôlé par les États-Unis".
"Le Groenland n'est bien évidemment pas à vendre", a rétorqué le Première ministre danoise Mette Frederiksen mercredi matin.
- Tête-à-tête avec Zelensky -
Sur l'Ukraine, la tête-à-tête du président américain avec son homologue ukrainien sera scruté avec attention, quelques jours après une "très bonne conversation" avec le président russe Vladimir Poutine.
"Je pense qu'ils veulent tous les deux conclure un accord", a-t-il affirmé mardi, comme il l'avait déjà fait par le passé.
En l'absence d'indications tangibles en ce sens, les Européens veulent pour l'heure réaffirmer leur engagement derrière Kiev. Ils vont s'engager, avec le Canada, à fournir 70 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine en 2026 comme en 2027, dont 30 milliards pour chacune de ces deux années, déjà prêtés à Kiev par l'Union européenne.
"Pensez-vous vraiment que ce serait la bonne chose à faire que de laisser à l'extérieur de l'Otan un pays et un peuple avec ce niveau de capacités de défense ?", a-t-il lancé.