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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé vendredi que son armée avait progressé encore plus en profondeur au Liban parallèlement à ses frappes intensives, au moment où les deux pays entament à Washington des négociations militaires inédites.
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Israël a ordonné l'évacuation de villages et poursuivi ses frappes sur plus de 20 localités dans le sud, certaines proches de la ville millénaire de Tyr, affirmant viser le Hezbollah pro-iranien.
Des centaines de personnes ont afflué vers les quartiers de la vieille ville à Tyr, un mouchoir de poche épargné par les avertissements israéliens, beaucoup dormant dans leurs voitures ou des tentes, selon les correspondants de l'AFP.
"J'ai aménagé une douche dans les WC, et il y a des matelas par terre" pour dormir, dit Karam Amin, qui dort avec sa famille de sept personnes dans sa boutique de vêtements du quartier chrétien.
"Tyr est une ville pacifique et touristique, on n'aurait jamais imaginé vivre cela", déplore ce commerçant de 43 ans.
Les frappes israéliennes contre le sud du Liban mettent en "danger sérieux" d'importants sites archéologiques, dont les ruines de Tyr et la forteresse médiévale de Beaufort, a alerté le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, dans une déclaration à l'AFP.
Depuis le début de la guerre le 2 mars, les frappes ont tué au Liban 3.355 personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités.
Sur la seule semaine écoulée, 15 enfants ont été tués et 62 blessés, selon l'Unicef. Depuis le début, le 17 avril, du cessez-le-feu, jamais respecté, ils sont 55 à avoir péri dans des bombardements.
- "Passage obligé" -
Israël a intensifié ces derniers jours son offensive terrestre et aérienne au Liban et dit considérer une grande partie du sud du Liban comme une "zone de combat".
En visite dans le nord d'Israël auprès de soldats près de la frontière, Benjamin Netanyahu a salué l'avancée de son armée dans des secteurs stratégiques.
Il a affirmé que l'armée avait "traversé le Litani", fleuve à une trentaine de km de la frontière.
A Marjayoun, proche de la frontière, les habitants ont reçu des messages sur leurs téléphones jeudi soir de l'armée israélienne, leur ordonnant de rester dans le périmètre de cette ville à majorité chrétienne, alors que les troupes avancent vers le village voisin de Debbine.
Un correspondant de l'AFP a vu des chars israéliens sur la route entre Marjayoun et Debbine.
A Washington, des militaires libanais et israéliens ont entamé une première réunion, au cours de laquelle Beyrouth va réclamer en priorité l'arrêt des frappes israéliennes.
Le président libanais Joseph Aoun a affirmé au chef de la diplomatie américaine Marco Rubio qu'une trêve était "le passage obligé" pour tout progrès dans les négociations.
La réunion se tient en pleines négociations entre les Etats-Unis et l'Iran, qui veut inclure le front libanais du conflit dans tout accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Le Liban va "insister sur la nécessité de mettre fin aux hostilités et présentera le plan de l'armée visant à étendre l'autorité de l'Etat sur le territoire libanais", a indiqué une source militaire à l'AFP.
La délégation libanaise à la réunion, qui se tient au Pentagone, est dirigée par le général Georges Rizkallah et comprend six membres de "différentes spécialités", a-t-elle précisé.
Côté israélien, le général de brigade Amichaï Levin est présent à Washington pour ces pourparlers, selon un porte-parole militaire israélien.
Les deux pays ont entamé en avril sous l'égide des Etats-Unis des négociations pour parvenir à un accord de sécurité.
Une nouvelle session est prévue les 2 et 3 juin à Washington.
Le Hezbollah est opposé à ces pourparlers et son bloc parlementaire a à nouveau appelé jeudi le Liban à se retirer des négociations, accusant Israël de vouloir "imposer une coordination sécuritaire" dirigée contre la formation pro-iranienne.