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L'issue de la présidentielle péruvienne reste incertaine lundi, les résultats ne permettant pas de dégager un vainqueur entre la candidate de droite Keiko Fujimori et son rival de gauche Roberto Sanchez pour diriger le pays plongé dans une crise politique persistante.
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Après le dépouillement des bulletins dans plus de 94% des bureaux de vote, vers 18H30 GMT, M. Sanchez est passé en tête pour la première fois depuis le début du décompte, recueillant 50,03% des voix contre 49,97% pour la fille de l'ancien autocrate Alberto Fujimori.
"Nous devons attendre jusqu'à la fin", a déclaré lundi matin Keiko Fujimori en sortant de son domicile, alors qu'elle devançait encore M. Sanchez, appelant à "la patience et la sérénité". "Nous allons respecter le résultat, quel qu'il soit", a promis celle dont le père a été au pouvoir de 1990 à 2000.
M. Sanchez a appelé dimanche soir à ce que "le dépouillement se poursuive selon les standards d'une élection transparente".
Face à l'insécurité devenue une grande préoccupation nationale, avec 23 homicides pour 100.000 habitants en 2025 à Lima, soit trois fois plus que cinq ans plus tôt, la candidate de droite a promis de déployer l'armée en soutien à la police, de démanteler les réseaux d'extorsion et d'expulser les étrangers en situation irrégulière condamnés pour des délits.
Son rival Roberto Sanchez, qui a fait campagne la tête coiffée d'un chapeau paysan offert par l'ancien président emprisonné Pedro Castillo, prône le rétablissement de la confiance dans les institutions, le renforcement de la justice et une réforme de la police.
Beaucoup d'électeurs espéraient que le scrutin permettrait de sortir le pays de l'instabilité politique chronique après que huit présidents se sont déjà succédé depuis 2016. Or, l'élection a une fois de plus fait apparaître la fracture entre la côte, plutôt acquise à Mme Fujimori, et le sud andin rural et indigène, bastion de Roberto Sanchez.
- Célébrations dans les deux camps -
Plusieurs milliers de partisans des deux camps se sont rassemblés dans la soirée dimanche dans différents quartiers de la capitale, agitant drapeaux et pancartes aux couleurs de leur candidat.
Dans le camp de Roberto Sanchez, la foule scandait: "On l'a fait!", comme si la victoire était déjà acquise. "Nous voulons un changement parce que nous sommes fatigués de la corruption du fujimorisme, qui gère le pays comme sa propriété privée", confiait Marlene Veramendi, 46 ans.
Dans un autre quartier de Lima, les sympathisants de Mme Fujimori affichaient le même optimisme. "Je suis heureuse parce que je sais qu'elle sera une bonne présidente", a dit Gladys Silva, femme au foyer de 56 ans.
Près de 27 millions de Péruviens étaient appelés aux urnes. Le vote est obligatoire et la journée s'est déroulée sans incident majeur, contrairement au premier tour le 12 avril, marqué par un record de 35 candidatures, des dysfonctionnements et des accusations de fraude.
Cette élection "traduit la division du pays (...). Quiconque l'emportera aura la moitié du pays contre lui", souligne auprès de l'AFP l'analyste Paulo Vilca, de l'Institut d'études péruviennes (IEP).
Keiko Fujimori, 51 ans, brigue la présidence pour la quatrième fois consécutive. Elle revendique l'héritage contrasté de son père, crédité par ses partisans d'avoir stabilisé l'économie et vaincu les guérillas des années 1980 et 1990, mais condamné pour corruption et crimes contre l'humanité.
Roberto Sanchez, député et ancien ministre de 57 ans, se présente pour la première fois, porté par un fort soutien dans les régions andines.
Sans que cela n'affecte le second tour, un juge l'a renvoyé devant la justice pour de présumées irrégularités financières au sein de son parti.
Le vainqueur de l'élection devra relever le défi de l'insécurité et de la crise politique persistante.
Le Parlement, doté de larges pouvoirs, a contribué à la chute de plusieurs chefs de l'Etat. Aucun des deux candidats n'y a la majorité au Parlement. Le futur président devra donc nouer des alliances pour aller au terme de son mandat.